Les personnes qui utilisent fréquemment leur téléphone pour échanger des informations avec leurs proches sont aussi souvent celles qui participent au plus grand nombre d'activités pour leur commune.

Les individus à l'aise avec les appareils mobiles et qui les utilisent régulièrement pour échanger des informations avec leurs proches ne sont pas forcément des tribuns. Mais ils sont plus susceptibles que les autres de s'impliquer dans la vie sociale de leur quartier, voire en politique. La conclusion est établie par Scott W. Campbell et Nojin Kwak, deux chercheurs du département de Communication de l’université du Michigan (à Ann Arbor), et qui se sont intéressés au rôle des technologies mobiles dans la mise en valeur des compétences. L’étude a été conduite peu après les élections de mi-mandat en 2006 aux Etats-Unis. Les personnes interrogées devaient mentionner l’intensité de leur engagement public : lever des fonds pour une cause, soutenir un projet, assister à une réunion électorale, faire circuler une pétition durant les deux mois qui précédaient le début de l’enquête.

Un nouveau type de fracture numérique

Ces comportements étant ensuite comparés au degré d’activité et d’utilisation du téléphone mobile (envoi de courriels, de messages textes, ou simples conversations téléphoniques). Chaque participant devait également indiquer s’il se sentait ou non à l’aise avec l’utilisation d’un téléphone mobile. Résultat sur ces bases et s’il fallait retenir une catégorie en particulier, ce sont les femmes dotées d’une éducation supérieures qui sont les plus à même de prendre part au débat public, indiquent les chercheurs. A noter également qu’il semblerait qu’un usage ludique et récréatif du mobile, en ce qu’il contribue à éveiller l’individu pourrait également constituer une un élément positif pour le développement d’un engagement de nature civique ou politique.

Eveiller l’individu aux enjeux du réel

Ce qui fait contraste avec une précédente étude menée sur des sujets connectés à Internet, où les scientifiques affirmaient que l’omniprésence de l’anonymat dans la communication en ligne contribuait au contraire à détacher l’individu des enjeux liés au monde réel. En creux, ces conclusions font apparaître un phénomène beaucoup plus préoccupant, à savoir l’existence d’un nouveau type de fracture numérique qui n’est plus lié au fait de posséder tel ou tel équipement, voire de disposer d’un accès Internet, mais de comprendre et donc de pouvoir apprivoiser le fonctionnement d’un terminal mobile. Un aspect d’autant plus inquiétant que les appareils portables comme le BlackBerry, le T-Mobile Sidekick ou l’iPhone d’Apple, ressemblent de plus en plus à des ordinateurs de poche, s’il n'en sont pas déjà.