Grâce à la nouvelle technologie mise en point par l'opérateur canadien Nortel et la compagnie britannique d'électricité United Utilities, les particuliers en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suède ...

Grâce à la nouvelle technologie mise en point par l'opérateur canadien Nortel et la compagnie britannique d'électricité United Utilities, les particuliers en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Suède pourront bientôt se connecter à Internet par le réseau électrique offrant des débits quinze fois plus rapides que les lignes téléphoniques utilisées aujourd'hui. Baptisée Digital Power Line (DPL), cette technologie qui permet de transmettre des données numériques sur le réseau électrique à basse tension, celui qui alimente les habitations, a été annoncée en octobre dernier par Nortel et Norweb Communications, filiale d'United Utilities (voir la revue de presse du 09/10/1997). Plus d'une demi-douzaine de sociétés ont déjà testé ce système sur leurs infrastructures : les compagnies RWE et ENWB en Allemagne, Vattenfall et Skydkraft en Suède, Edon aux Pays-Bas, Singapore Power en Asie. Le fournisseur d'électricité doit relier par fibre optique les transformateurs électriques alimentant un groupe de foyers aux commutateurs de télécommunications. Le réseau à basse tension est alors utilisé par le signal numérique pour aller du transformateur au domicile du particulier. L'utilisateur doit, pour sa part, installer un boîtier spécial au niveau du compteur électrique. Un convertisseur séparant le courant électrique et le signal numérique, il suffit ensuite de tirer un câble informatique à partir du boîtier et à y brancher un ou plusieurs ordinateurs. Le débit minimal du transfert est de 1 mégabit/s, soit quinze fois le débit d'une ligne Numéris. Cette ressource doit toutefois être partagée entre tous les abonnés reliés au transformateur à basse tension (au Royaume-Uni, on compte 150 à 250 foyers par transformateur). Ce procédé leur ouvrant un marché au fort potentiel de croissance, on comprend l'intérêt manifesté par les aux compagnies d'électricité. Ainsi, les accords conclus en Europe couvrent déjà 40 millions de foyers, pour un investissement relativement modéré. Toutefois, pour que ce soit rentable, il faut qu'il y ait un nombre assez important de foyers reliés au transformateur local. Si en Europe, chaque transformateur dessert en moyenne 200 foyers, ce n'est pas le cas aux Etats-Unis (un transformateur pour quelques dizaines de foyers). C'est pourquoi Nortel ne commercialisera pas le procédé pour l'instant Outre-Atlantique. Si cette nouvelle technologie offre des débits bien supérieurs aux actuelles liaisons Internet, elle risque toutefois d'être rapidement dépassée. L'accès à Internet par le câble affiche déjà des performances encore meilleures. De plus, la technologie ADSL que préparent les opérateurs de télécoms offrira des débits proches de celui des lignes informatiques spécialisées. Alors qu'en octobre dernier, les promoteurs du procédé mettaient en avant le faible coût pour l'utilisateur, ils se montrent désormais plus prudents et se gardent de donner des éléments chiffrés tant sur le coût de l'installation (boîtier DPL à acheter ou louer) que sur celui du service. (Dossier deux pages - L'Expansion - 28/05 au 10/06/1998)