Internet. La transmission sur Internet de courrier électronique et sécurisé est le futur challenge du transport express traditionnel. L'américain UPS et des organismes postaux, dont La Poste, ente...

Internet. La transmission sur Internet de courrier électronique et sécurisé est le futur challenge du transport express traditionnel. L'américain UPS et des organismes postaux, dont La Poste, entendent bien être opérationnels avant le début de ce troisième millénaire. UPS, le premier, a lancé l'an dernier son service de transport des documents électroniques sur internet. Directeur commercial et marketing d'UPS France, Marc Khayat, explique "30 % du marché des lettres et des documents livrés le lendemain matin et plus de 50 % du marché traditionnel américain vont migrer d'ici ces prochaines années vers des solutions de transmission sécurisée sur Internet". Partant du constat que les documents transmis par courrier électronique pouvaient être perdus ou interceptés par une personne malveillante, UPS a lancé l'an passé le premier service de courrier crypté et sécurisé baptisé "UPS Document Exchange". Le service recouvre deux formules d'envoi de courrier et de dossier électronique. Le contenu, comme le paquet, reste crypté jusqu'à sa libération par son destinataire. Pour ouvrir son colis électronique, celui-ci doit posséder les clés nécessaires, sinon le colis est immédiatement détruit. Sûr de la sécurité apportée à son offre, UPS s'engage à dédommager le client à hauteur de 100 000 dollars maximum en cas de perte. Son service est facturé 5 à 7 dollars par envoi de courrier électronique. En outre, il offre les mêmes fonctionnalités de tracing en temps réel, proposées sur les services de colis traditionnels. UPS s'engage par ailleurs à conserver la preuve de la livraison pendant sept ans.

De son côté, La Poste, réalisant 89 milliards de F dont 68 milliards sur les activités de courrier et colis, teste auprès d'entreprises françaises, jusqu'en juin prochain, une offre de transmission sécurisée de documents via Internet, baptisé PostCS. Ce service est mené sous les auspices de l'International Post Corporation basée à Bruxelles, regroupant 21 postes en Europe et en Amérique du Nord. United States Postal Services et la Société Canadienne des postes mènent l'expérience parallèlement à celle de la France. L'expéditeur et le destinataire doivent tous deux disposer d'un accès Internet et d'une adresse e-mail. Seul l'expéditeur doit être inscrit sur le serveur Postecs et disposer d'un logiciel gratuit sur son poste pour préparer et envoyer son courrier au serveur Postecs. Plusieurs options sont proposées comme la possibilité de différer l'envoi, l'accélérer ou recevoir la confirmation de la réception. Contrairement à Document Exchange d'UPS, le mot de passe pour récupérer son document n'est pas obligatoire et le courrier n'est pas automatiquement crypté. Le service de chiffrement, proposé en option, est effectué au niveau du serveur. Si l'envoi fait moins de 2 Mo, le service est facturé pour le premier destinataire 15 F et 6 F pour chaque destinataire suivant, au-delà de 2 Mo, le prix par envoi est de 30 F par destinataire. A terme, PostCS devrait intégrer la confidentialité et l'intégrité des documents grâce à l'utilisation d'algorithmes de cryptographie à clé publique. La Poste a, dans cette perspective, engagé avec Sagem un programme de développement "Certifipost" pour certifier les accusés de réception. (La Tribune - 23/03/1999)