Mieux récolter et analyser les données permettrait de lieux gérer les maladies et d' anticiper certains problèmes. Et donc de réduire sur le long terme les coûts de la santé, juge Stephen Brobst.

"Pour réduire les coûts de santé, il faut utiliser les données de façon plus efficace"

Stephen Brobst est le CTO de Teradata, constructeur et éditeur de solutions informatiques spécialisées en matière d’entrepôt de données et d’applications analytiques

L’Atelier : Comment rendre notre système de santé plus efficace et moins coûteux ?

Stephen Brobst : Le coût des systèmes santé ne cesse de croitre. C’est un peu comme une crise mondiale. Il faut certes que nous baissions les coûts de ces systèmes, toutefois nous ne pouvons pas réduire la qualité, bien que ce soit généralement la meilleure façon d’amoindrir les coûts. En fait, la seule façon pour atteindre cet objectif est d’utiliser les datas de façon plus efficace. Ainsi, les patients pourront être mieux traités, au bon moment, et avec de meilleurs résultats. Les données peuvent également être utilisées pour réduire les fraudes dans les systèmes, et s’assurer que l’argent revient bien aux individus. Imaginons qu’un patient souffre de diabète chronique, une fois par an il se rend chez le docteur, qui vérifie son taux de sucre dans le sang, son poids etc. Puis le médecin voit s’il va bien ou non puis lui administre un traitement. Mais cette manière traditionnelle de faire est vraiment inefficace. Par exemple, s’il ne va pas bien et qu’il ne s’en ait pas rendu compte au préalable, il doit aller aux urgences. Ce qui est très couteux d’un point de vue des prestations de soins de santé, et désagréable depuis celui du patient.

Comment faut-il donc réagir?

En fait, nous aurions pu anticiper le fait que cela allait se produire, si nous avions eu les données et si elles avaient été traitées. A l’avenir on sera capable de collecter des informations comme le taux de sucre, un contrôle de la masse, ou la fréquence de l’activité sportive grâce à un smartphone. Et ces informations seront directement transmises électroniquement à des médecins, ou des hôpitaux. On pourra donc prévoir qu’un patient devrait bientôt aller aux urgences et ainsi l’éviter. Si l’on collecte les données, les patients ne seront plus obligés de faire une visite médicale tous les ans, mais pourront la faire tous les 18 mois. En effet, les patients n’iront chez le médecin, que lorsqu’ils en auront besoin, ce qui permettra de réduire les coûts. En outre, les résultats seront meilleurs car on peut prévoir les maux des patients. Alors qu’aujourd’hui, les médecins ne collectent des données qu’une fois par an, ce qui n’est pas suffisant, puisqu’ils devraient en collecter toute l’année, afin d’intervenir à temps. Enfin, ces données sont sensibles, il faut donc les protéger, pour que seules certaines personnes puissent y avoir accès.

A quoi ressembleront les systèmes de santé de demain ?

Chaque scanner fait, chaque médicament prescrit, chaque allergies etc, seront intégrés dans les datas. Une loi est passée aux Etats-Unis pour que les documents liés à la santé prennent une forme électronique. Cela afin de faciliter également les transports de patients entre différents hôpitaux. Mais il faut faire encore plus pour rendre ces données utiles. De plus, il y aura à l’avenir un nouveau type de données. Et, il sera possible d’étudier la structure génomique et ainsi fournir un traitement spécifique. Donc si deux personnes sont atteintes de la même maladie, elles auront un  traitement différent en fonction de leur ADN. Les médicaments seront donc crée en fonction des individus.

Rédigé par Elyse Charvin