La Chine est sur le point de supprimer l'anonymat des bloggers... Ceux-ci devront s'identifier et inscrire leur véritable patronyme avant de pouvoir ouvrir un blog personnel. La décision n'a pas...

La Chine est sur le point de supprimer l'anonymat des bloggers... Ceux-ci devront s'identifier et inscrire leur véritable patronyme avant de pouvoir ouvrir un blog personnel. La décision n'a pas encore été définitivement prise, mais le gouvernement chinois assure que cette mesure est inévitable.
 
Cette décision vise expressément une catégorie bien particulière de bloggers : les cyber-dissidents. Selon le ministère de l'Information, "ces bloggers utilisent l'anonymat pour disséminer des informations fausses et irresponsables, ils ont une mauvaise influence". Les cyber-dissidents sont, selon le gouvernement de Pékin, des Chinois qui ne se contentent pas des informations officielles et organisent des débats sur le Web.
 
Dans un pays où la Toile est déjà étroitement surveillée, ces blogs "politiques " sont déjà censurés. Tous les contenus du Web chinois sont contrôlés et vérifiés par les autorités gouvernementales. Les moteurs de recherche Google et Yahoo se sont même bien acclimatés aux règles locales puisqu'ils filtrent les mots-clés. Certains sont interdits comme "Tian An Men", "Dalaï Lama"ou encore "homosexuel".
 
Selon l'association Reporters Sans Frontières, plus de cinquante bloggers chinois seraient emprisonnés. Isaac Mao, un blogger shanghaïen anonyme estime même qu'imposer une censure sur le Web n'est pas possible : "A côté des sites hébergeurs de blogs qu'on veut contrôler, il y a les portails, les sites de médias, sur lesquels on peut écrire des blogs. La réglementation est impossible aujourd'hui". La Chine n'est pas la seule à vouloir contrôler les contenus présents sur Internet : trois cyber-dissidents sont actuellement emprisonnés en Syrie et quatre au Vietnam à cause de leurs activités sur la Toile.
 
Si cette mesure entre en vigueur, c'est la marge de liberté d'expression en Chine qui se verra encore un peu plus réduite.
 

 
(Atelier groupe BNP Paribas - 27/10/2006)