Afin de maintenir leur crédibilité auprès des utilisateurs, les géants américains appellent à plus de transparence dans la protection des données.

Le premier rapport de transparence d’Apple souligne l’opacité du système américain

Alors que de nouvelles révélations ont mis en lumière l’interception de données de plusieurs millions d’utilisateurs par la NSA en dehors des Etats-Unis grâce au réseau de fibres optiques de Yahoo! et Google, les géants de l’Internet répliquent ouvertement afin de défendre leur business model.  A la suite de Facebook, Microsoft ou encore plus récemment Twitter, Apple a publié son rapport de transparence détaillant notamment la politique du Gouvernement américain en matière de partage de données. L’entreprise est cependant soumise à une clause de protection (“gag order”) empêchant de révéler des données précises concernant le nombre exact de requêtes soumises par le gouvernement américain.  

Des requêtes en provenance en majorité des Etats-Unis

Apple a dévoilé dans son premier rapport de transparence avoir reçu plus de 5000 demandes d’information de la part du gouvernement américain au premier semestre 2013. De 1000 à 2000 de ces requêtes concernaient des comptes iTunes, Cloud et autres services de communication et de partage en ligne. Les autres demandes n’avaient pas pour but la protection de la sécurité nationale et visaient principalement des appareils volés ou perdus selon Apple. Les données examinées concernent à la fois les gouvernements américains et étrangers, cependant le déséquilibre est fortement marqué en (dé)faveur des Etats-Unis : l’entreprise a dévoilé avoir reçu 719 requêtes du monde entier et entre 1000 et 2000 aux Etats-Unis. Le Royaume-Uni, l’Espagne, l’Allemagne, ainsi que la France, suivent directement les Etats-Unis. Si dans la majorité de ces cas, des données personnelles ont été cédées aux gouvernements, cette information n’est cependant pas précisée pour les Etats-Unis. Si Apple suit la tendance initiée par Twitter ou Facebook, elle tient à se distinguer de ces entreprises très clairement en rappellant que “ contrairement à d’autres entreprises faisant face aux mêmes requêtes, le principal revenu d’Apple ne provient pas de la collecte de données.”

Les compagnies de la Silicon Valley réclament plus de transparence

Depuis les récents scandales mettant en jeu le NSA et le programme PRISM, les compagnies de haute technologie brassant des données privées considérables et plus particulièrement les réseaux sociaux ont vu leur côte de popularité s’effondrer. Au cœur de leur business model repose la confiance que leur accordent les utilisateurs, acceptant une offre toujours plus intégrée et intelligente en échange d’un flux de données de plus en plus confidentielles. Apple affirme dans son rapport la nécessité d’abandonner cette clause dite de “gag order” dans le but d’assurer une plus grande transparence auprès de leurs utilisateurs. Cette position s’inscrit en cohérence avec une stratégie de fond parmi les géants du secteur, Google, Yahoo, Facebook ont déposé une demande (Amicus brief) auprès de l’U.S Foreign Intelligence Surveillance Act  pour mettre fin à cette restriction et publier le nombre de requêtes émises par les agences gouvernementales américaines.

 

 
Rédigé par Thomas Meyer
Fonction - Journaliste, Business Analyste