Stefano Rodota, président du groupe des instances de protection de la vie privée des citoyens européens, a déclaré la semaine passée que le système de surveillance électronique que les Etats-Unis ...

Stefano Rodota, président du groupe des instances de protection de la vie privée des citoyens européens, a déclaré la semaine passée que le système de surveillance électronique que les Etats-Unis compte développer est une menace pour l’Europe. Il estime que le droit fondamental des citoyens à la protection de leur vie privée serait bafoué par cette technologie.

Les Etats-Unis cherchent par tous les moyens à éviter de revoir des attentats comme ceux qui ont frappé leur sol le 11 septembre 2001. Le département américain de la Défense travaille donc sur un projet qui lui permettrait d’analyser un grand nombre de données publiques et privées, comme des relevés bancaires ou des informations sur les déplacements.

Rodota a souligné que ce projet « contrevient à toutes les réglementations européennes sur la protection de la vie privée ». Il demande à la Commission européenne de faire pression sur les Etats-Unis afin que les données collectées ne soient pas détournées. La commission a déjà cédé devant plusieurs décisions américaines qui allaient pourtant à l’encontre des règlements européens, comme sur une demande d’obtention d’informations des compagnies aériennes sur les passagers à destination des Etats-Unis.

Cette fois encore, il n’est pas évident que les américains accèdent à la requête du haut fonctionnaire européen. Ils n’ont d’ailleurs pas commenté la déclaration, se contentant d’affirmer que le projet « Terrorist Information Awareness » (TIA), dont le coût atteindrait 54 millions de dollars, contenait des garanties de protections des libertés individuelles des Américains.

(Atelier groupe BNP Paribas – 27/05/03)