Le logiciel libre pourrait être la promesse d'un bel avenir informatique et économique pour l'Afrique. Mais les entreprises et les gouvernements doivent donner l'impulsion...

Le logiciel libre pourrait être la promesse d'un bel avenir informatique et économique pour l'Afrique. Mais les entreprises et les gouvernements doivent donner l'impulsion.
 
L'utilisation des logiciels libres pour l'Afrique et pour ses 933 millions d'habitant représente une véritable opportunité de réduire de façon significative la fracture numérique. Néanmoins, il convient de ne pas faire preuve d'angélisme. Si la migration vers des logiciels peut s'avérer économiquement viable pour un certains nombre de pays africains, elle ne pourra se faire sans l'effort des acteurs du secteur pour mettre en place des campagnes de sensibilisation, développer une véritable assistance technique, et développer des réseaux de formateurs.
 
Car comme le formule Petra Tchapkui, présidente de l'association Sud & TIC: "La question de l'information pose un vrai problème. De nombreuses personnes ne se sentent pas concernées par ces technologies... Beaucoup ici pensent que c'est une "affaire d'informaticiens"".
 
Vers un développement économique
 
Les logiciels libres peuvent représenter une véritable niche économique pour ces pays africains en voie de développement et être synonymes de création d'emplois en Afrique, notamment dans le domaine de la maintenance et du développement personnalisé. Alors que les logiciels propriétaires ne peuvent être mis à jour que par leurs éditeurs.
 
Basculer vers les logiciels libres permettrait aussi aux entreprises africaines de rationaliser leurs dépenses et de mieux investir - par exemple, dans du matériel - les économies réalisées grâce au non achat de logiciels propriétaires.
 
Un soutien gouvernemental indispensable
 
Mais l'adoption des logiciels libres en Afrique ne peut se faire sans le soutien des gouvernements qui ont le pouvoir d'exprimer une véritable volonté politique et de donner l'exemple. Par exemple, le gouvernement sud-africain a annoncé, en février dernier, que "tout nouveau logiciel développé pour ou par le gouvernement s’appuiera sur des standards ouverts et le gouvernement lui-même replacera ses logiciels actuels par des logiciels libres".
 
Les adieux au piratage
 
Le déploiement des logiciels libres servirait aussi à réduire sensiblement le piratage. 81% des logiciels utilisés sur le continent africain seraient en effet piratés. Ce qui fait que les Africains utilisant des logiciels propriétaire piratés ne bénéficient d'aucune mise à jour, d'aucun correctif et ne peuvent bénéficier d'aide technique efficace. L'adoption de logiciels libres offrirait la possibilité aux Africains de bénéficier d'une garantie de fonctionnement de leurs applications grâce à la circulation permanente des codes sources.
 
Anne Confolant, pour L'Atelier
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 16/07/2007)