Étudier ce qui pousse des individus à agir permet de comprendre les grandes tendances qui encouragent ces derniers à acquérir illégalement des softwares.

La psychologie du comportement pour comprendre le piratage ?

La psychologie du comportement permet d’expliquer le piratage des logiciels. C’est tout du moins ce que pense Andrew Thatcher, chercheur à l’université de Witwatersrand en Afrique du sud. Celui-ci s'est intéressé aux raisons qui poussent des individus à détourner des logiciels alors même qu’il ne leur viendrait pas à l’idée de voler dans un magasin. Selon lui, quatre comportements entrent en cause, inspirés de la théorie de Bandura, un psychologue américain qui a étudié les comportements moraux et le principe de la responsabilité. Première démarche : la justification morale et le déplacement de responsabilité. Si une personne pirate un logiciel c’est parce que celui est trop cher et que finalement, c’est la responsabilité des développeurs de proposer des prix plus bas.

Analyse comportementale

Deuxième : l’indifférence quant aux conséquences que cela peut provoquer économiquement. Il évoque aussi le fait que le consommateur n’identifie même plus qu’il y a derrière le logiciel toute une industrie et des gens qui travaillent pour les concevoir et les fabriquer. Il souligne enfin que plus une personne est proche de quelqu’un qui pirate relativement souvent des logiciels et à qui il n’est rien arrivé, plus cette personne n’aura aucun scrupule pour le faire également. A noter que le chercheurs a ensuite appliqué cette théorie à l’Afrique du Sud. Alors même que le taux de criminalité est l’un des plus important du monde, le piratage de logiciel est assez faible.

L’exemple de l’Afrique du Sud

Pourquoi ? Le chercheur attribue cela à la notion de besoin. Il semble en effet que le Sud-Africain qui ait la capacité de pirater un logiciel ne le fasse pas car contrairement à d’autres pays il n’en voit pas l’utilité. En effet beaucoup d’ordinateurs sont déjà livrés avec un nombre conséquent de logiciels et les plates-formes de téléchargement de logiciels sont relativement plus nombreuses dans ce pays. Cela est pour autant à nuancer puisque chaque année près de 250 millions d’euros ne rentre pas dans les caisses de l’industrie du logiciel. Pour les chiffres, en 2009, le piratage aurait coûté près de 35 milliards d’euros à l’industrie du software.