Plusieurs instituts australiens mettent au point un système de vision électronique qui s'implante dans la rétine humaine. Un premier prototype est attendu pour 2012.

Pour redonner la vue à des personnes l'ayant perdue ou souffrant de graves troubles de la vision, l'œil bionique s'annonce de plus en plus comme une solution envisageable. Le consortium Bionic Vision Australia, qui regroupe l'université et plusieurs instituts de recherche comme le Bionic Ear Institute, vient ainsi de se créer. Il espère accélérer la mise au point d'une prothèse compatible avec une commercialisation. Concrètement, l'œil bionique consistera en un implant composé de mille électrodes et intégré derrière la rétine, juste avant le nerf optique. Une caméra, placée sur une paire de lunettes, sera chargée de prendre des images de l'environnement.
Signaux numériques et impulsions électriques
Un microprocesseur convertira ensuite les clichés en signaux numériques envoyés vers l'implant par connexion sans-fil. Celui-ci transmet ces signaux au nerf optique, qui envoie des impulsions électriques au cerveau. Le centre visuel de celui-ci met enfin ces pulsions nerveuses en images. Le consortium travaille sur deux prototypes. Le premier donnera une vision ambulatoire aux patients qui souffrent d'une mauvaise perception des couleurs et du mouvement. Ils devraient ainsi être capables de mieux percevoir les contrastes, et de distinguer les objets de grande taille.
Vers un prototype pour 2012
Les chercheurs vont affiner les capacités de la prothèse dans le cadre du second prototype. Avec lui, les malvoyants percevront les visages et seront à même de lire de gros caractères. La restauration de la vue correspondra à une échelle de 20/80. Selon le directeur du Centre for Implantable Bionics et participant au projet, Gregg Suaning, le premier œil bionique sera apte à être transplanté dans une rétine humaine d'ici 2012. Le second devrait pour sa part être finalisé pour 2013. Pour rappel, la dégénérescence cellulaire est l'une des principales causes de dégradation de la vue chez les cinquante mille Australiens qui en souffrent.