Il est possible de manipuler la conscience qu'ont les êtres humains de leur corps à l'aide d'un procédé de réalité virtuelle. Une preuve de l'apport déterminant de la vision dans la conscience corporelle...

Il est possible de manipuler la conscience qu'ont les êtres humains de leur corps à l'aide d'un procédé de réalité virtuelle. Une preuve de l'apport déterminant de la vision dans la conscience corporelle.
 
Une expérience réalisée à partir d'un procédé de réalité virtuelle a démontré qu'il était possible d'influer sur la conscience qu'ont les hommes des limites de leur propre corps. Une équipe de chercheurs suisses a en effet réussi à modifier la manière dont le cerveau perçoit et analyse le corps qui le renferme. Le principe de l'expérience est simple. Plusieurs personnes sont soumises à leur propre représentation numérique en 3D via un casque de réalité virtuelle. Les participants comme leur avatar ont été stimulés physiquement par un simple frottement d'une minute dans le dos. Les "sujets" ont par la suite été menés à une salle d'examen plongée dans le noir en vue d'analyser leurs perceptions.
 
Quand le double devient "moi"
 
Résultat : en se déplaçant, les sujets auraient estimé leur localisation de départ à l'endroit où leur double virtuel leur apparaissait. Ils ont ainsi considéré leur représentation virtuelle comme leur propre corps, situant leur "moi" hors de leur enveloppe corporelle. Les conclusions de ces expérimentations - au croisement des neurosciences et de la philosophie - sur lesdites sensations de décorporation (out of body experiences) ont été publiées dans la revue Science. Il en ressort que le "moi" a contribué à apporter des éléments de réponse aux scientifiques.
 
Distinguer deux réalités
 
Cette notion philosophique consacre la faculté de distinguer réalité interne et réalité externe. A l'issue de l'expérience, ces chercheurs ont en effet conclu que le cerveau se basait sur différents flux d'informations sensoriels et cognitifs pour former sa conscience corporelle. Selon eux, les résultats observés démontreraient notamment que la vision est un élément déterminant dans le cadre de ce processus neurocognitif. Un pas vers une meilleure compréhension de la schizophrénie a peut-être été franchi. 
 
(Atelier groupe BNP Paribas - 27/08/2007)