Si l'actualité a été ponctuée cette année aux Etats-Unis par de nombreux incidents au cours desquels un suspect a été abattu, la réalité virtuelle pourrait être une solution pour former la police aux situations délicates.

La réalité virtuelle au secours de la police

En 2016, près de 2,6 personnes par jour en moyenne ont été tuées par balle par la police américaine. Le Washington Post chiffre également le nombre total de ces victimes : 824 à l’heure actuelle pour l’année en cours. C’est pour réduire ce nombre et apprendre aux forces de l’ordre à mieux appréhender certaines situations dangereuses qu’a été créé BEST. Le simulateur utilise la réalité virtuelle pour entraîner les policiers. Pour les créateurs, les immerger dans l’action est une manière de leur apprendre à éviter le plus possible de faire feu.

L’objectif de BEST (pour “Behavior, ethics, strategy and tactics”, autrement dit Comportement, éthique, stratégie et tactiques), est de proposer des méthodes pour analyser les situations et conduire à une désescalade de la violence. Par exemple, le policier sera confronté avec l’outil à des cas de personnes souffrant de problèmes mentaux : il devra distinguer les expressions de panique de celles de brutalité. En plus de sauver des vies, la réalité virtuelle pourrait aussi faire économiser de l’argent au contribuable à qui le procès, l’arrestation de l’agent et la compensation financière des victimes coûtent jusqu’à deux millions de dollars. Un argument secondaire mais qui pourrait faire mouche.

La réalité virtuelle s’ancre ainsi dans la smart city. La justice britannique envisage aussi d’en faire usage pour “transporter” les jurés sur les scènes de crime et les aider à comprendre le dossier.

 

Initialement publié sur Les Echos

Rédigé par Sophia Qadiri
Responsable éditoriale et journaliste