La start-up berlinoise a développé un système basé sur un câble portatif qui permettrait de se passer des stations de chargement pour les voitures électriques, à la fois coûteuses et gourmandes en espace.

Recharger sa voiture n’importe où, le défi d’Ubitricity

Nombreuses sont les entreprises qui cherchent à simplifier l’usage des véhicules électriques dont l’usage est encore très marginal. La start-up Ubitricity, fondée à Berlin en 2008 s’inscrit dans cette démarche. Son idée ? Un câble portatif muni d’un compteur qui permette aux automobilistes de recharger leur véhicule électrique à peu près n’importe où. Le système prévoit deux options : des prises électriques, peu coûteuse et adaptable sur la plupart des bâtiments, installées par les municipalités ou des entreprises privées ; mais également… la possibilité de se brancher directement sur les lampadaires ! « Quelques conditions sont nécessaires : la position du lampadaire doit permettre de le relier au véhicule, ce qui n’est pas le cas s’il se trouve de l’autre côté du trottoir, par exemple. Il doit également avoir suffisamment d’énergie pour permettre de recharger la batterie. » explique Nina Keim, directrice de la communication chez Ubitricity. Il suffirait alors de leur ajouter une prise adaptée, opération simple et peu coûteuse. « Entre 1 et 2% des lampadaires allemands remplissent ces critères. Cela peut paraître faible, mais sachant qu’il y a environ 10 millions de lampadaires dans le pays, cela représente tout de même un nombre conséquent. » Sur son site internet, Ubitricity affirme que si tous ces lampadaires étaient équipés, cela suffirait à remplir les objectifs du gouvernement en terme d’infrastructures de chargement. En outre, le site affirme que 300 000 lampadaires sont changés ou modernisés tous les ans : il suffirait donc d’ajouter l’incorporation de la prise électrique à cette routine.

Un système économique pour l’usager et les municipalités

Le système proposé par la start-up berlinoise permet également au consommateur de choisir son fournisseur d’électricité et le type de contrat qui correspond à ses besoins, afin d’obtenir le tarif le plus avantageux pour lui. Un système que Nina Keim compare à celui de la téléphonie mobile : « De même que vous choisissez un forfait et un opérateur téléphonique, qui vous envoie la facture de vos communications à la fin du mois, vous choisissez votre contrat, votre fournisseur d’électricité, et vous recevez le décompte de votre consommation. » Un modèle plus flexible et économique que le système actuel, reposant sur des bornes de chargement à tarif unique. Ces bornes sont très coûteuses pour les municipalités, qui seront ainsi les autres grandes gagnantes de ce système. Plus besoin non plus de réserver de l’espace pour les véhicules électriques : ceux-ci pourront désormais se garer sur les mêmes places que leurs homologues roulant à l’essence, pourvu qu’il y ait une prise à proximité.


Les véhicules électriques au coeur des initiatives smart city

Ubitricity semble avoir capté l’attention des pouvoirs publics et des investisseurs privés. L’entreprise est en partie financée par le Ministère de l’économie et de l’énergie. Elle travaille également avec EDF, l’allemand Grundgun et l’américain Tyco sur différents projets en Allemagne, notamment l’installation de 100 stations de chargement à Berlin et 60 près du lac de Constance. Commercialisation prévue pour le milieu de l’année. Les initiatives smart city qui visent à démocratiser le véhicule électrique en simplifiant son utilisation sont aujourd’hui légion. Il y a un an, l’atelier évoquait ainsi le partenariat entre Toyota et Witricity, start-up américaine développant une technique de rechargement sans fil : à l’aide de chargeurs à induction, l’électricité est convertie en champs magnétique pour être transmise au véhicule sans que celui n’ait besoin d’être relié à la source. En janvier 2014 , c’est une technologie développée par Ford en coopération avec l’institut technologique de Géorgie que nous relayions. Le principe : installer un panneau solaire sur le toit des véhicules afin d’augmenter leur autonomie. Citons encore la plateforme de communication embarquée développée par une firme norvégienne, qui diminue le stress de tomber à plat en calculant l’itinéraire le plus court pour rejoindre les stations de chargement situées à proximité. Enfin, l’entreprise Gogoro projette d’inonder les villes de scooters électriques et de bornes permettant de troquer sa batterie vide contre une autre chargée à bloc. Les batteries devenues trop vieilles pour cet usage seraient ensuite données au public pour un usage domestique.

 

Rédigé par Guillaume Renouard