En partenariat avec la start-up CloudMade, la cellule d’innovation de Renault basée en Silicon Valley présente un compagnon virtuel qui facilite la conduite.

Renault prépare sa voiture autonome dans la Silicon Valley

Si aujourd’hui les assistants virtuels ont le vent en poupe, le concept d’assistant en tant que dispositif technique en soutien des actions de l’homme, n’est quant à lui pas nouveau. Au sein des voitures présentes actuellement sur le marché se cachent une quantité d’assistants, souvent invisibles à l’instar des système à quatre roues directrices améliorant entre autres l’adhérence des véhicules. L’assistant automobile peut donc être visible, sonore ou totalement invisible à l’oeil et / ou au toucher de l’utilisateur. « L’assistant du futur suivra un chemin similaire. Son but ? Faciliter la vie du conducteur. », a expliqué Lionel Cordesses, Innovation Project Manager chez Renault Silicon Valley lors du Virtual Assistant Summit organisé par RE•WORK à San Francisco. Aujourd’hui, Renault travaille à l’élaboration d’un coach virtuel, appelé My Driving Partner, pour assister les automobilistes dans leur conduite. « La plupart des accidents ont lieu lors de nos trajets quotidiens, répétitifs. Notre assistant entend ainsi favoriser une conduite souple et sûre », a détaillé Lionel Cordesses.

Donner le choix à l’automobiliste

L’assistant fonctionne de la manière suivante : il récupère d’abord des données sur le type de conduite pratiqué par l’automobiliste de sorte à établir son profil. « Nous créons en quelque sorte un modèle dynamique de la conduite de l’automobiliste », a-t-il poursuivi. L’assistant apprend donc dans un premier temps les habitudes de conduite de l’utilisateur. En fonction de sa géolocalisation, il est ensuite capable d’identifier les dangers et autres obstacles à venir et de les notifier au conducteur. Pour la conception du prototype, Renault Silicon Valley s’est entouré d’une start-up à succès de la Baie de San Francisco, CloudMade, un spécialiste du mapping pour les voitures autonomes.

My Driving Partner se décline sous un mode « gamifié » où le conducteur remporte des points selon sa conduite. L’équipe de Renault Silicon Valley a testé son assistant sur une flotte de 20 véhicules. Des retours effectués par ces premiers utilisateurs, Lionel Cordesses tire deux analyses. L’assistant a dans un premier temps un effet placebo. L’automobiliste se sent « observé » dans sa conduite et prête alors davantage attention. Dans un second temps, l’assistant ne donne que de rares conseils (un ou deux par trajet), ce qui n’est pas intrusif et pousse le conducteur à bien prendre en compte l’information.

Interface de My Driving Partner

Interface de My Driving Partner

Le concept d’assistant n’est pas nouveau

Il est intéressant de constater que le concept d’assistance, qu’il soit mécanique, technique ou technologique, a pris pied au sein des automobiles et ce depuis plus d’un siècle. En 1911, trois ingénieurs américains, dont Charles Kettering, employés chez DELCO inventaient le premier démarreur électrique, une véritable innovation qui équipera toutes les Cadillac dès 1912. Bien plus tard, en 1983, Renault commercialisait la 11 TSE, un modèle qui intégrait un ordinateur de bord habillé d’un écran couleur et animé par une voix de synthèse. Faisant d’elle alors une des premières voitures au monde à loger un assistant électronique pour le moins futuriste.

Au CES, Toyota a fait la démonstration de Concept-i, une voiture dotée d'un assistant virtuel, Yui

Au CES, Toyota a fait la démonstration de Concept-i, une voiture dotée d'un assistant virtuel, Yui

Si 2016 s’est bel et bien imposée comme l’année officielle des assistants virtuels, le CES 2017 a confirmé la progression de cette tendance. Toyota y a présenté un prototype de son véhicule autonome doté d’un assistant virtuel appelé Yui. Ce dernier cherche dans un premier temps à connaître les goûts de l’automobiliste. Si lors des démonstrations effectuées au CES, les utilisateurs étaient invités à remplir un questionnaire pour faciliter le processus, à terme, Yui analysera les données de l’utilisateur issues des réseaux sociaux ou de ses objets connectés. Il répond aux questions de l’utilisateur, lui en pose également : quelle sera sa destination, souhaite-t-il s’arrêter faire du shopping puisqu’il s’agit d’une de ses activités favorites. Lorsque le conducteur est au volant, Yui l’avertit des dangers et peut même prendre le contrôle du véhicule. Il est également capable d’analyser les émotions du conducteur en utilisant la reconnaissance faciale. De plus, il se transfère d’un véhicule à un autre, s’adaptant aux changements de vie de l’utilisateur. Toyota, qui travaille à l’élaboration de son assistant au sein de son institut de recherche, est encore bien loin du lancement de son modèle. Dans la même veine, Nvidia a annoncé développer une plateforme dopée à l’intelligence artificielle, connectée à des capteurs placés dans l’habitacle ainsi qu’à ceux à l’extérieur du véhicule. Pour l’instant, ce copilote intelligent aurait vocation à surveiller le degré d’attention du conducteur et à l'alerter des obstacles.

L’heure n’est certes qu’au prototype, pourtant Toyota comme Nvidia défendent une vision intéressante, qui se démarque de celle de Renault avec My Driving Partner. En effet, selon eux, l’assistant virtuel au sein du véhicule de demain sera horizontal, à l’image de Siri ou d’Amazon Alexa. Renault a quant à lui choisi de se concentrer au développement d’un compagnon virtuel à même de réaliser une série de tâches extrêmement spécifiques. « Le succès de notre prototype montre que sans ajouter beaucoup de software et de  hardware et en s'appuyant sur le cloud, on est à même de créer un assistant vertical ultra spécialisé et efficace ».

Rédigé par Pauline Canteneur