A Autrans, on imagine l'Internet de 2016... Plus de trois milliards d'internautes, un réseau des réseaux tellement ancré dans notre quotidien que nous ne le verrions même plus... 250...

A Autrans, on imagine l'Internet de 2016... Plus de trois milliards d'internautes, un réseau des réseaux tellement ancré dans notre quotidien que nous ne le verrions même plus... 250 spécialistes, chercheurs, entrepreneurs ou passionnés se sont réunis pendant deux jours et demi à l'occasion des 10 ème rencontres d'Autrans (Isère) pour essayer de concevoir ensemble ce que pourrait être Internet dans dix ans.

"Il y a en 2006 un milliard d'internautes, et 2 milliards de téléphones portables. Il y aura 3,5 milliards de téléphones portables en 2016, qui offriront l'accès à Internet, dans un système où les gens seront à la fois consommateurs et producteurs", imagine Louis Naugès, fondateur de la société Microcost. Ce qui ne sera pas sans poser un certain nombre de problèmes : énergie, sécurité, place de la culture...

"L'Internet sera tellement dilué dans notre quotidien que nous ne le verrons plus", ajoute-t-il. Tous s'accordent à dire qu'en 2016, le réseau des réseaux devrait être omniprésent, de la maison à l'entreprise en passant par l'école, le médecin, les magasins ou les transports en commun.

Autre point sur lequel les avis concordent : la convergence des appareils numériques, particulièrement dans le domaine des loisirs. Nombreux parmi les intervenants sont ceux qui voient Internet comme le croisement inéluctable des applications de la téléphonie, de la musique, du jeu vidéo et de la télévision, avec une interactivité toujours plus grande et une concentration des acteurs.

Cyber-terrorisme, nuisances (spam, phishing), difficulté de protéger les informations confidentielles propres à chaque internaute... les spécialistes ont du mal à imaginer l'Internet de 2016 comme libéré des dangers qui menacent déjà aujourd'hui. Scénario catastrophe : Nobert Paquel, consultant spécialisé dans les applications médicales de l'Internet, cité par l'AFP, imagine que dans dix ans "les contrats d'assurance maladie demandent aux clients de porter des puces électroniques en permanence et qu'ils imposent des obligations - ne pas fumer, boire, manger certains aliments - dont le respect pourra être vérifié en continu à distance grâce à l'Internet".

D'autres voient le Net de 2016 comme un formidable vecteur de développement social et imaginent un "décloisonnement des disciplines", doublé d'une abolition des distances. Services administratifs plus accessibles et mieux personnalisés, utilisation d'Internet pour des consultations de grande envergure, mise en place d'outils collaboratifs... certains préfèrent voir le Web de demain comme un outil permettant "l'enrichissement de la connaissance" (Jean Faure, maire d'Autrans).

Avec l'avènement de l'IPv6, le nouveau protocole d'adressage des objets connectés à Internet, le nombre d'appareils pouvant potentiellement être mis en réseau devient presque infini, à tel point qu'à Autrans, certains se sont laissés aller à évoquer la "disparition de l'Internet" tel qu'on le connaît.

Pour plus d'informations et des comptes-rendus détaillés, on peut consulter et participer au Wiki d'Autrans .

(Atelier groupe BNP Paribas - 16/01/2006)