Les risques liés à la réputation seraient à tel point importants qu’ils menaceraient l’existence même des entreprises, selon une étude de Deloitte. Et les mesures prises sont encore insuffisantes

La réputation, peur majeure pour les entreprises

76 % des entreprises estiment que leur réputation est au-dessus de la moyenne. Si un tel chiffre se confirmait dans les faits, les lois des mathématiques en seraient bouleversées. Il montre donc un large optimisme de la part des entreprises qui ont tendance à surestimer leur réputation. Obtenu après une large enquête auprès de 300 décideurs partout dans le monde, le chiffre est un des plus marquant de l’étude réalisée par le cabinet Deloitte avec Forbes Insight. Le but a été de savoir comment le problème de la réputation était perçu par les entreprises et comment il pouvait influer sur les décisions.

Un risque majeur

Même s’ils sont optimistes sur leur propre réputation, les décideurs interrogés ne sont pas pour autant aveugles sur les risques. 87 % d’entre eux pensent que le risque lié à la réputation est plus important que les autres. Autrement dit, ils sont plus que conscients de ce qui est en jeu lorsque l’on parle de réputation. Selon une autre étude du Forum économique mondial, plus d’un quart de la valeur d’une entreprise dépendrait de cette réputation. L’enquête de Deloitte va plus loin en affirmant qu’une crise de réputation peut mettre en péril une entreprise. Ainsi selon Enrique Alanis, responsable des risques chez CEMEX et cité par l’enquête : “Les nouvelles vont très vite. Une mauvaise critique publiée au Nicaragua atteindra rapidement les États-Unis, le Mexique mais aussi l’Europe.” Cette rapidité dans la propagation de l’information accentue ainsi les risques.

Les risques demeurent malgré les mesures

Conséquence de cette prise en compte importante : les entreprises prennent des mesures pour éviter tout soucis de réputation. Plus de la moitié (58 %) investissent dans l’information et la veille afin d’être alertés du moindre problème, explique l’étude. Reste que si elles tentent de maîtriser les risques de réputation liées à la réglementation ou à des fautes personnelles, les entreprises s’avouent plutôt désarmées lorsqu’il s’agit de risques plus indirects. Sont ainsi appréhendées les fautes des sous-traitants, les attaques de la concurrence ou les dangers naturels. Toute sortes de risques que l’entreprise peut plus difficilement anticiper. C’est la raison pour laquelle des solutions tentent de percer comme la détection de la réputation sur les réseaux sociaux alors que la réputation en ligne serait encore négligée.

Rédigé par Guillaume Scifo