Grâce à la mise en ligne de jeux vidéos, un chercheur américain affine et simplifie ses algorithmes de contrôle simultané d'essaims robotiques

En robotique, les jeux vidéos permettent d’améliorer les systèmes de contrôle à distance

La nouvelle expérience lancée par le Laboratoire Système Multi-Robot (MRSL) de l'Université Rice est basée sur les informations récoltées auprès des 5 différents jeux vidéos mis en ligne par les chercheurs. Le but est simple: déplacer un large groupe de robots au fil de labyrinthes et obstacles ou leur faire dessiner des formes spécifiques. Les données transmises permettront de développer des algorithmes de plus en plus efficace pour contrôler simultanément des centaines, voire et c'est le but ultime de l'expérience, des milliers de nanorobots.

Les essaims robotiques

"Par exemple si un un médecin avait un essaim de plusieurs milliers de robots microscopiques, chacun portant une dose de médicament anti-cancer, serait-il possible de les faire tous converger vers la tumeur en utilisant le signal magnétique d'IRM?", Aaron Becker, chercheur au MRSL explique de ce fait son choix de passer par la plate-forme vidéo-ludique pour bénéficier du plus d'informations possible. Et si le but est simple les commandes le sont d'autant plus : “tourner” ou “avancer”. Ceci rend cependant l'expérience particulièrement ardue étant donné que chaque commande est envoyée à tous les robots simultanément. Contre-intuitif certes, mais apparemment efficace, il existerait une astuce, le facteur aléatoire va faire que chaque commande est reçue avec d'infimes différences. "Le sens commun indiquerait plutôt qu'on ait besoin de commandes individuelles pour chaque robot afin de les faire bouger selon des schémas compliqués, mais ce n'est pas le cas." explique James McLurkin, créateur du robot r-one utilisé dans ces expériences.

Un pas de plus dans l'utilisation de nanorobots

L'algorithme déjà existant, s'il peut nécessiter plusieurs milliers de commandes pour faire évoluer les robots, est d'une efficacité presque sans faille. Il est encore cependant nettement trop lent pour permettre une réactivité de l'utilisateur, réactivité qui peut s'avérer cruciale dans le développement de nanorobots à usages médicaux. Les données récupérées devraient justement aider les chercheurs à développer sur la même base de nouveaux algorithmes estimés 200 fois plus rapides que ceux utilisés aujourd'hui. Futuriste il y a peu, la nanotechnologie, avec des initiatives similaires pourrait devenir une perspective de plus en plus réaliste, comme l'ironise Aaron Becker, "Les chimistes de Rice y travaillent déjà à quelques mètres, ils peuvent en construire des trilliards en une fournée".

Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste