Bien que toujours préféré par les industriels, l’usage de la robotique est de plus en plus démocratisé pour une utilisation au quotidien. Attirant même les géants du web.

Robotique : migration massive vers des tâches individuelles

Loin d’être restés un stéréotype seulement présent dans les films de science-fiction, les robots constituent l’un des éléments clés de la dernière révolution industrielle, et connaissent un essor considérable. Et les prévisions du cabinet Boston Consulting Group confirment cette tendance : les investissements liés à la robotique vont atteindre 67 milliards de dollars d’ici 2025, contre 10 milliards investis en 2010. Mais si elle a déjà, et continue, de révolutionner les tâches industrielles (les investissements dans le domaine devraient s’élever à 24,4 milliards de dollars d’ici 2025), la robotique s’immisce de plus en plus dans le domaine des tâches personnelles. En effet, le rapport rappelle qu’aide-soignant, agent de sécurité ou encore simple compagnon sont autant de fonctions que les robots peuvent aujourd’hui remplir.

La robotique migre vers la sphère personnelle

A titre d’exemple, les experts de Boston Consulting citent Honda qui investit désormais dans des robots capables d’assister des personnes ayant des problèmes de déplacement, mais également l’entreprise ASIMO qui a, quant à elle, développé un robot assez puissant pour courir et monter des escaliers. Et si les robots s’immiscent dans toutes les tâches personnelles, l’étude met en avant que cela devrait être à l’avantage des géants du Web qui semblent avoir compris cette pluridisciplinarité caractérisant la nouvelle génération de robots. Ainsi, Google a acheté pas moins de huit entreprises liées à la robotique l’année dernière, et sa “Google Car” est déjà acceptée dans quatre états américains car elle explose les records de sécurité routière. Par ailleurs, l’étude insiste sur le tournant que représente la robotique dans la mesure où c’est un élément qui s’intègre dans la chaîne de valeur de toutes les industries, et qui peut être tourné en avantages compétitifs pour les entreprises. A titre d’exemple, des entreprises sont en train de développer leurs propres robots afin d’avoir leur propre “marque de fabrique”, qui n’était avant que rendue possible par l’action d’êtres humains.

La robotique, toujours au service des tâches industrielles

Toutefois, les industries restent évidemment celles qui mobilisent le plus de robots, notamment dans le domaine automobile avec 40% des robots industriels dans le monde. D’ailleurs, pour 10 000 travailleurs humains, on trouve désormais 1000 robots dans des pays comme la France et les États-Unis également dans les usines de fabrication automobile. Chose qui ne devrait pas changer puisque l’étude revient sur les prévisions de croissance de la main d’oeuvre mondiale qui sont revues à la baisse, et le fait que des pays comme la Chine ou l’Allemagne seraient particulièrement affectés. De même aux Pays-Bas, la marque Philips utilise désormais 128 robots pour faire ses rasoirs, accompagnés de seulement 9 humains. D’où la recherche d’une automatisation des tâches pour garder une forte puissance productrice. Car si historiquement les robots ont été utilisés pour accomplir des tâches répétitives ne nécessitant pas une grande précision, ils sont aujourd’hui recherchés pour leurs compétences ultra-pointues pour répondre à la logique industrielle du "juste-à-temps". Les robots sont alors utilisés pour des industries aux circuits logistiques complexes (des trains sans conducteurs au chargement des cargos par des robots). Cette automatisation des tâches permettra ainsi de gérer des circuits depuis un seul centre de contrôle.

 
Rédigé par Arthur de Villemandy