Une nouvelle génération de robots sophistiqués permet d’accompagner le vieillissement de la main d’œuvre industrielle.

Quand les robots facilitent la collaboration avec les humains

Les robots sont utilisés dans l’industrie lourde, notamment la production automobile, depuis le début des années 1960. Cependant face à la lourdeur de leur dispositif et le manque de maniabilité, ceux-ci jusqu’à aujourd’hui travaillent sous périmètre de sécurité renforcé voire littéralement derrière des cages les coupant de la main d’œuvre. Cette séparation entraine une perte de productivité conséquente, les robots étant systématiquement cantonnés à des tâches précises et limitées nécessitant une force physique démesurée. De nombreux constructeurs en collaboration avec BMW notamment ont mis au point une nouvelle génération de robots, plus réactifs et capable de retenir des tâches plus élaborées capables de collaborer avec des travailleurs humains. A long terme ces nouveaux auxiliaires ne visent pas à remplacer la main d’œuvre humaine mais compléter leur savoir-faire et ainsi favoriser le maintien d’ouvriers plus âgés.

Des robots plus réactifs et coopératifs

Dans une usine BMW de Caroline du Sud produisant plus de 1000 voitures par jour et employant 7000 ouvriers, des robots « slow-motion » de la compagnie danoise Universal Robots assistent directement des humains dans la production notamment sur des tâches précises et ponctuelles. BMW veut pousser plus loin les possibilités de collaboration et travaillerait à la mise en service de robots plus sophistiqués encore, capables de collaborer « directement » avec des collègues humains et les assister directement sans être commandé dans leur travail, à la limite de l’intelligence artificielle. Les améliorations se situent au niveau des logiciels de commande et des normes de sécurité élaborant des robots capables de collaborer avec des humains sans pour autant constituer une menace ni perdre en efficacité. L’objectif est de maintenir et même renforcer le dispositif de sécurité tout en le rendant plus flexible. Actuellement la moindre alerte conduit l’appareil robotique à s’arrêter complétement et bloque l’ensemble de la chaîne de production ce qui peut représenter un manque à gagner conséquent. Cela passe par exemple par un système de prévention adapté au contexte de l’usine, SafetyEYE par exemple permet au robot de détecter l’arrivée d’un humain et de ralentir ses mouvements en conséquence sans s’arrêter entièrement de travailler.

Faire face efficacement au vieillissement de la main d’œuvre

Pour faciliter l’intégration des robots au sein d’équipes de travail humaines, BMW envisage de mettre en service des robots sécurisés, capables de se mouvoir et d’assister directement les ouvriers sans être télécommandé. Facilite la transition alors que la main d’œuvre se fait vieillissante, pourtant toujours performance et bénéficiant d’un savoir-faire accumulé au cours des années, robots dans ce cas ne font que suppléer la force naturelle des ouvriers. Selon Stefan Bartscher chef de l’innovation chez BMW «  Nous voulons conserver nos employés le plus longtemps possible. Les robots doivent aider les humains et non les remplacer. » Ainsi la compagnie Redthink Robotics basée à Boston a mis au point Baxter, un robot d’apparence humanoïde capable de mémoriser des tâches par simple reconnaissance motrice, utilisé principalement dans des petites usines pour déplacer des charges lourdes, ce type de robot est appelé à rejoindre des chaines de production de plus grande échelle comme l’usine BMW. A long terme ces nouveaux robots coopératifs pourraient sortir de l’usine et devenir des auxiliaires de vie notamment dans le milieu scolaire ou domestique.

 

 

 
Rédigé par Thomas Meyer
Fonction - Journaliste, Business Analyste