Pour qu'ils soient plus performants, il ne manque plus aux robots intelligents que de percevoir les subtilités des interactions sociales entre humains

Pour qu'un robot puisse un jour trouver sa place dans un environnement humain, il est nécessaire qu'il comprenne ce qui l'entoure. Or, jusqu'à présent les recherches se sont généralement concentrées sur l'aspect physique de cette compréhension. Comme c'est, par exemple, le cas dans la différenciation des objets. Un groupe de chercheurs de la Carnegie Mellon University et de Texas Instruments ont choisi, quand à eux, de se pencher sur la manière de faire prendre en compte à ces robots les différents aspects d'une interaction humaine. Pour cela, ils ont décidé d'analyser les convergences de regards, qui selon eux paraissaient moins subjectives que le fait de ne s'appuyer que sur le regard d'une personne, entre les personnes d'un même groupe au cours d'une situation de sociabilisation.

Les interactions sociales et leurs convergences visuelles

Et pour cela, ils ont tout simplement placé une caméra sur le crâne des sujets et calculé en fonction des yeux et de la disposition de la caméra l'angle du regard. Ils ont ensuite enregistré les images de mise en situation des groupes d'individus sujets. Ainsi, ceux-ci ont été confrontés à trois contextes différents. Le premier prenait la forme d'une réunion de 11 individus divisés en deux groupes. Des convergences ont pu être détectées par deux fois : lors de discussions de groupes et lorsqu'un animateur s'adressait à ceux-ci. Ensuite, les sujets tests ont été mis en condition d'un visionnage de performance musicale, où deux groupes d'individus chantaient alternativement la même chanson. Encore une fois, les chercheurs ont pu constater deux types de convergences : une fois avec le premier groupe d'individus, puis avec le second.

Des robots qui pourront collaborer et plus encore

Enfin, ils ont analysé une partie de tennis de table et de billard, où deux groupes d'individus jouaient et un groupe discutait en jetant un œil sur les parties. Le nombre de convergences étaient cette fois considérablement accrues du fait de l'engouement pour la partie. Ces données devraient donc permettre aux chercheurs de mettre en place un algorithme permettant aux robots intelligents de savoir comment réagir comme le ferait un humain à de telles situations. Mais plus encore, ceux-ci pourront ainsi avoir la capacité d'effectuer un travail collaboratif. Mais cette recherche devrait avoir également d'autres objectifs plus nobles. En effet, les chercheurs estiment qu'elle pourrait aider à comprendre la logique des comportements humains, mais également aider le domaine de la médecine, en ce qui concerne les troubles du comportement, comme c'est le cas de l'autisme.