Pour maintenir sa compétitivité, le pays planifie de mieux valoriser l'innovation. Cela, en misant sur quatre leviers : les partenariats public/privé, l'assouplissement de la législation, la formation et l'ouverture à l'international.

Russie : la formation et les partenariats pour mieux innover

 

Pour assurer la compétitivité et le leadership de ses entreprises dans une économie mondialisée et concurrentielle, la Russie doit plus miser sur l'innovation. Pour ce faire, l'Etat s'est donné pour objectif de travailler sur quatre leviers, explique le Ministère du Développement économique russe dans un papier rapporté par Finnode Russie. D'abord, favoriser l'innovation grâce aux financements - apports de fonds, partenariats public/privé - et à l'assouplissement de la législation encore peu favorable à l'entreprenariat. Ensuite, utiliser l'éducation comme levier pour l'innovation. Cela passe par utilisation des standards et bonnes pratiques internationales mais aussi par la mobilité des étudiants, chercheurs et équipes universitaires. Ce levier doit également impliquer les entreprises dans la constitution des programmes. Puis, s'ouvrir au monde en augmentant l'intégration de l'écosystème et de l'économie innovante russes dans les processus d'innovation mondiaux et en accroissant la collaboration internationale. Enfin, montrer l'exemple, en tant qu'Etat, en intégrant des nouvelles technologies dans ses opérations et services.  

Changer les mentalités pour créer un secteur durable

En activant ces quatre leviers, la Russie espère atteindre deux résultats. D'une part, changer des mentalités encore parfois trop peu enclines à l'innovation, selon le rapport. L'Etat russe espère en effet, faire accepter par les entreprises comme par les potentiels entrepreneurs que l'innovation fait partie intégrante du business, et qu'elle est nécessaire à la compétitivité d'une entreprise. D'autre part, la Russie veut développer le secteur de la R&D de manière durable afin de se repositionner dans l'innovation. Pour ce faire, deux stratégies seront conjointement adoptées. La première sera de garder ou de développer le leadership d'entreprises russes dans des secteurs où la Russie est traditionnellement forte et a des bases solides (ICT, aérospatial, nucléaire). La seconde, sera d'importer et d'adopter des technologies existantes pour profiter des projets innovants en prenant un minimum de risque.

Accélérer le changement

Depuis 10 ans, l'Etat investit dans les infrastructures, développe des instituts de développement de l'économie innovante, des technopoles et incubateurs et des zones économiques spéciales. Autant d'initiatives intéressantes mais qui, explique le rapport, ne sont pas encore suffisantes. Si sa population, plutôt bien éduquée et nombreuse, est un atout considérable, elle connaît toutefois des faiblesses. L'étude souligne ainsi que la qualité de ses études supérieures aurait pendant longtemps baissé du fait de coupures budgétaires. Le rapport souligne également l'absence, encore, d'un réel esprit de mobilité et d'entreprenariat dans le pays, dû notamment à son histoire. Un manque qui conduit à une certaine aversion au risque : aujourd'hui, moins de 10% des entreprises russes feraient des investissements directs en R&D et en innovation et moins de 12% investiraient en achetant des innovations sur les marchés extérieurs. Du côté de l'Etat aussi, des faiblesses sont pointées : celui-ci financerait encore peu la R&D, et n'aurait pas encore véritablement valorisé les partenariats public/privé.