La récente mise en place d'un nouveau réseau social par le Docteur Moreira  s'inscrit dans une longue tradition communautaire,  mais se confronte également à des problèmes récurrents dans le domaine de l'e-santé.

SANAR, garant du développement communautaire dans l'e-santé ? 

Dans le domaine médical, le partage et la sécurité des informations, échangées entre les patriciens et spécialistes, sont des caractéristiques essentielles et fondamentales. Cette notion de collaboration mondiale est une idée déjà esquissée depuis 1996, et déjà mise en avant lors des premiers congrès de Doctors 2.0. Les premiers traits des réseaux sociaux sont donc apparus peu de temps après l'émergence du nouvel outil de communication mondial qu'est devenu Internet. La forme était alors simple mais déjà efficiente; de nombreux forums aux sujets multiples s'ouvraient chaque jour parmi les professionnels de santé dans un certain nombres de pays. Consécutivement, et presque logiquement, ces forums ont permis par la suite leur mise en relation, et la création d'abondantes mailing-lists. Sur du long terme, ces communautés ont pris de grandes proportions à l'intérieur des pays. L'Angleterre compte aujourd'hui le plus grand taux de couverture de médecins inscrits sur le Web. Et la Chine, habituée aux records en terme de population comprend pour sa part un réseau de plus de trois millions de professionnels de santé. Néanmoins, l'ouverture et la création de toutes ces communautés posent différents problèmes.

Le partage d'information, réel paradoxe du réseau social

SANAR, qui se veut un réseau social vecteur de regroupement parmi les praticiens, généralistes et autres membres de corps médicaux, va devoir apporter rapidement des solutions de communication. Denise Silber, fondatrice de Basil Strategies, témoigne ainsi d'un des points soulevés déjà lors des dernières conférences de Doctors 2.0 « Les professionnels de santé américains se sont presque étonnés de savoir qu'ils n'étaient pas les seuls à créer différents espaces et réseaux sociaux entre eux , et ce phénomène n'est pas isolé dans le monde, bien au contraire». L'hypothèse retenue serait une volonté presque égoïste de la part de certains pays de protéger leurs données, acquises après plusieurs années de recherche, de collaboration et d'expériences. En effet, ces données, très prisées, revêtent auprès du milieu médical mais également de l'industrie pharmaceutique un caractère financier et technologique de premier ordre, d'où l'importance d'une protection et d'une confidentialité accrue sur ces réseaux sociaux.

Un avenir compromis ?

La plateforme mise en place par l'Université de Madrid sous la direction du Docteur Moreira illustre également l'appréhension de cet aspect. « Dans le milieu médical, de nombreuses starts-up se sont écroulées, faute de financements suffisants. Ces dernières refusaient d'ailleurs toutes aides de la part des institutions étatiques, des assureurs ou des groupes publicitaires » précise-t-elle. L'indépendance de ces réseaux sociaux est en effet indispensable pour garantir une liberté de recherches. Mais comme tout réseau social, la question de la propriété intellectuelle se pose. Les professionnels de santé français souhaitent en effet conserver une forme d'anonymat à travers leur page ou profil, publié sur cette nouvelle plateforme. L'avenir de ce nouvel espace didactique n'est pas encore assuré.