la plupart des commerçants de Sarlat expérimentent le double étiquetage des prix en francs et en euros, sans s'accompagner toutefois de la mise en circulation d'euros. Menée par l'intermédiaire de l...

la plupart des commerçants de Sarlat expérimentent le double étiquetage des prix en francs et en euros, sans s'accompagner toutefois de la mise en circulation d'euros. Menée par l'intermédiaire de la mairie et de l'association Les Coups de coeur (120 établissements), cette opération est soutenue par la Commission européenne qui la considère comme un véritable banc d'essai. Quatre catégories d'étiquettes de format différents ayant été imprimées, les commerçants choississent celles qui correspondant le mieux aux articles qu'ils proposent. Une valeur de 6,50 F pour 1 euro a été retenue. Les réflexions qui reviennent le plus souvent chez les commerçants sont du genre "nous sommes déjà obligés d'aider les personnes âgées à raisonner en nouveaux francs. Qu'est-ce que cela sera avec l'euro !" ou bien encore "j'ai choisi de faire un double affichage sur les produits frais, qui représentent 50 % de mon chiffre d'affaires. En plus il y a des promotions. En participant à l'expérience sur l'euro, je suscite la curiosité, ma pancarte attire l'oeil". Certains commerçants proposant un grand nombre d'articles, ont refusé le double étiquetage prétextant "puisque je ne peux pas faire tout, autant ne rien faire". Lorsque l'on demande à certains ce qu'ils feront lorsque l'euro sera vraiment là, la réponse est parfois la suivante : "vous avez vu mon âge. Soit je serai à la retraite, soit je m'y mettrai". Les difficultés techniques du double affichage et éventuellement la double caisse expliquent les réticences ou les réactions négatives d'une partie de la population. Beaucoup de commerçants de Sarlat pensent qu'il vaudrait mieux "un changement radical en une seule fois". En fait, les interrogations de la plus grande partie des commerçants et des consommateurs portent surtout sur le double affichage et sur le problème des arrondis de conversions, les uns pronostiquant une hausse des prix, les autres une baisse. (Les Echos - 02/12/1997)