Interview de Hou Tao, directeur adjoint du département recherche de iResearch Chine a de quoi faire perdre la tête plus d'un investisseur piqué d'e-business, avec ses 111 millions d'internautes et sans doute 25 millions de plus d'ici la fin de l'année. Un marché de 1,6 milliard d'euros, qui a vraiment explosé ces cinq dernières années, comme l'explique, depuis son bureau chinois, Hou Tao, directeur adjoint du département recherche de iResearch, premier consultant chinois e-business. Selon lui, l'essentiel des revenus proviennent des jeux, de la publicité et des moteurs de recherche.

Les jeux totalisent la plus forte part des revenus liés au Web, avec plus de 60 millions d'euros, mais M. Hou temporise : "Il y a eu une vraie explosion de ce marché jusqu'en 2001, aujourd'hui la croissance continue mais un rythme plus mesuré". Shanda, NetEase et The9 concentrent les deux tiers du marché entre leurs mains. La publicité représente un marché très porteur avec une progression fulgurante de 78,4 % entre 2004 et 2005, atteignant 36 millions d'euros. Selon le responsable, ce secteur pourrait peser 1,6 milliard d'euros en 2010. Rien d'étonnant, considérant que la publicité on-line ne représente que 2,5 % de la totalité du marché publicitaire en Chine. "Les segments qui vont le plus se développer sont, du côté des services classiques, les moteurs de recherche et la publicité en ligne. Du côté des nouveaux services, je suis très optimiste sur le développement de la musique en ligne, qui enregistre les plus forts taux de croissance", estime M. Hou. Elle pèse aujourd'hui 7,5 millions d'euros. Les Wireless Value Added Services rencontrent pour leur part un succès mitigé. Si le secteur continue de croître, le taux de progression est en baisse. Les SMS représentent encore plus de 70 % de la branche, quand aux MMS, jeux de portable, WAP ou GPRS se développent mais restent loin derrière, selon M. Hou. Enfin, alors que tout le secteur des télécommunications attend avec impatience le lancement de la 3G, dont le gouvernement chinois a enfin autorisé le lancement courant 2006, après l'avoir repoussé plusieurs années de suite, M. Hou ne partage pas cet enthousiasme. "Je pense que les utilisateurs de téléphones portables ne sont pas encore tout à fait près pour la 3G. Il faudra attendre encore quelques années avant un vrai bond du secteur", estime-t-il. Julie Desné,  A Shanghai, pour L'Atelier