En répartissant les données relatives à un vote entre plusieurs serveurs, il est possible d'assurer sa sécurisation sans recourir à des clés de cryptage. Un système qui permet également aux votants de changer d'avis.

Le vote sur Internet constitue toujours un défi puisqu’il faut à la fois garantir un strict anonymat du vote et s’assurer que le votant est bien celui qu’il prétend. En termes de sécurité, il faut donc répondre à deux impératifs qui s’opposent. Pour ce faire, deux chercheurs de l’université d’Oklahoma proposent une solution basée sur une sécurité implicite des données. Implicite, parce qu’elle ne requiert aucune clé pour encrypter ou décrypter ces dernières. Le principe est simple, chaque information – en l’occurrence chaque vote – est partitionnée et distribuée à travers de multiples serveurs. Une fois les bureaux de vote fermés, et seulement à ce moment là, les différentes partitions sont rassemblées pour recréer le vote.
Reconstituer le vote en rassemblant les partitions
Prise séparément, aucune partition ne révèle le vote d’un électeur. De même, si une seule partition manque, il est quasiment impossible de le reconstituer. La constitution de ces partitions peut s’effectuer de deux manières : soit par le biais d’une application résidant sur l’ordinateur du votant, soit en envoyant le vote à un premier serveur qui se chargera de le distribuer à l’ensemble des autres serveurs. La deuxième solution ayant la préférence des chercheurs américains. Un code d’identification anonyme est également généré au moment du vote, et envoyé en même temps que celui-ci. L’avantage de ce système est qu’il permet à un électeur de changer d’avis tant qu’il est encore permis de voter. Chaque vote est en effet identifié par ce code, et seul le plus récent est pris en compte lors du décompte des voix.
La possibilité de pouvoir changer d’avis : une nécessité du vote sur Internet
Il n’est donc pas nécessaire pour le votant de contacter les autorités concernées. Cette possibilité est d’autant plus importante que la période de temps sur laquelle s’étale le vote électronique est généralement plus longue que celle du vote traditionnel. Les pays ayant mis en place de tels systèmes comme la Suisse ou l’Estonie s’assurent ainsi de l’absence de fraudes en faisant courir la période de vote sur plusieurs jours voire plusieurs semaines. Les chercheurs soulignent que sur une période aussi longue, un électeur peut être amené à changer d’avis. Si on considère le vote comme une simple donnée à protéger, il est aisé d’imaginer d’autres applications à ce protocole. Les chercheurs citent par exemple le commerce en ligne.