Les voitures connectées vont prendre de l’importance sur le marché automobile. Mais quelles sont les attentes des consommateurs dans ce domaine ? Une étude réalisée par l’opérateur Telefonica apporte quelques pistes.

Toujours plus de sécurité et moins de dépenses avec les voitures connectées

Les voitures connectées occuperont 90% du marché à horizon 2020, selon les estimations de l’opérateur espagnol Telefonica à l’occasion d’une étude réalisée en 2013. Face à de telles perspectives, l’opérateur a souhaité pousser plus loin et réaliser récemment un sondage* pour connaître les attentes des usagers et livrer des conseils de développement aux constructeurs automobiles. Les analystes de Telefonica ont pu constater l'impact direct des offres de voitures connectées sur les choix de consommateurs avertis dont les attentes sont grandissantes, encouragées par les lois sur la sécurité (eCall), le développement rapide des communications et réseaux mobiles et l'intérêt grandissant des industries technologiques pour ce marché. Le rapport fait état de changements radicaux des expériences de conduite et de compréhension de son véhicule.

Renverser les habitudes de conduite pour plus de confort et de sécurité

Sans surprise, 73% des conducteurs interrogés placent la sécurité en tête de leurs préoccupations et recherchent des dispositifs connectés sur ce thème. Mais les fonctionnalités de la voiture connectée intègrent d’autres facteurs et la voiture ne devient plus un espace clos coupé du monde. Les constructeurs actionnent la carte de l’interaction avec l’extérieur en intégrant au véhicule des services d'information et de divertissement : il serait possible de créer des playlists de musiques qui se synchronisent automatiquement en arrivant dans la voiture, ou de faire en sorte que le téléphone soit intégré plus intuitivement au véhicule afin que les conducteurs restent connectés pendant leurs trajets... La voiture connectée cherche également à faire du smartphone un outil de diagnostic et 60% des personnes sondées aimeraient, selon l’étude, obtenir un contrôle via leur smartphone ou tablette numérique de l'état de leur voiture avant d'entamer un long voyage. A noter que ces changements dans le rapport du conducteur avec sa voiture interviennent en même temps qu'un changement dans les habitudes de consommation.

Faire baisser les dépenses liées à la voiture

A plus long terme, l’étude révèle que les systèmes alternatifs vont se généraliser. Un peu plus d’un tiers des sondés imaginent même qu'ils ne posséderont pas de voiture en 2034 mais auront plutôt recours au partage de véhicule, plus économique. Dans cette même optique de réduction des coûts, plus de 40% des sondés estiment qu'il serait bon d'intégrer à la voiture des dispositifs connectés en vue d'optimiser les dépenses des assurances. La British Insurance a déjà testé ce type de fonctionnement et estime que la mise en place d’une sorte de "boîte noire des assurances" dans les voitures permettrait jusqu’à 25% d’économies. L’entretien et la consommation en carburant rejoignent également la liste des postes sur lesquels chacun veut économiser. Aussi, des solutions pour aider à économiser sont vivement souhaitées et les constructeurs imaginent des solutions capables de transcrire précisément les dépenses d'essence ou de fournir des conseils pour amoindrir la consommation énergétique. Mais le rapport omet d’indiquer la courbe des prix futurs des véhicules… Or, les technologies embarquées, quoique attendues, ont un coût certain. Entre le souhait émis des consommateurs à l’égard des systèmes connectés et leur propension à payer ces services, il peut y avoir quelques freins.

* L'étude a été réalisée à partir du sondage de 5 012 personnes en Espagne, au Brésil, aux Etats-Unis, en Allemagne et au Royaume Uni, du 13 au 30 janvier 2014.

Rédigé par Lucie Frontière
Journaliste