C’est à Bakewell, près de l’ancienne ville industrielle de Sheffield dans le centre de l’Angleterre que les ministres de l’Intérieur du G5 s’étaient donnés rendez-vous lundi et mardi pour aborder...

Le terrorisme a particulièrement été à l’honneur, discuté par le ministre britannique David Blunkett et ses homologues allemand, Otto Schily, français, Dominique de Villepin, espagnol, Jose Antonio Alonso et italien, Giuseppe Pisanu.

Premier point : le passeport biométrique, que les ministères de l’Intérieur du G5 souhaitent généraliser à l’ensemble des pays de l’Europe élargie. Déjà en juillet 2003, les chefs d’Etat et de gouvernement européens réunis en Grèce avaient inscrit au nombre de leurs priorités la nécessité d’introduire des données biométriques dans les passeports et les visas de leurs administrés.

Ces nouveaux documents officiels, agrémentés de données permettant la reconnaissance de chaque individu selon les caractéristiques de son visage, de son empreinte digitale ou de l’iris de son œil, faciliteront notablement la lutte contre la falsification des papiers d’identité. Ils permettront également aux autorités des membres de l’Union de mieux assurer un suivi des individus dits à risque.

Deuxième point : la création d’une base de données recensant les données ADN des terroristes et plus généralement des criminels. David Blunkett, le ministre de l’Intérieur britannique, a particulièrement insisté sur l’importance de ce projet et sur le rôle d’initiateurs que doivent jouer les pays du G5 vis-à-vis des autres Etats membres.

Des projets qui se mettront sans aucun doute en place dans les années à venir. Pour ce qui est de l’inclusion de données biométriques dans les passeports, plusieurs pays ont commencé à effectuer des tests, à l’instar de la Grande-Bretagne. Et cette année, les projets n’ont pas manqué en ce qui concerne les tests de reconnaissance biométrique dans les aéroports.

En février dernier, la ville de Francfort testait déjà ce système (voir article du 17.02.2004) et il y a quelques jours le groupe français Sagem annonçait la signature d’un contrat avec la Direction de l’Immigration britannique concernant la fourniture d’un système de contrôle des personnes fondé sur la reconnaissance de leur iris (lire article du 07.07.2004).

Tous les projets d’équipement dans le domaine de la biométrie devrait aller crescendo, d’autant que les Etats-Unis font pression sur l’Europe pour qu’elle institue des normes. La législation américaine prévoit déjà que 27 pays dans le monde, pour la majorité européens, ajoutent des données biométriques sur les passeports de leurs ressortissants qui seront édités après le 26 octobre 2004.