C'est à l'unanimité que le Sénat américain a adopté mercredi une loi interdisant les spams et établissant un système de liste rouge : les autorités fédérales seront en charge de l'établissement de...

C’est à l’unanimité que le Sénat américain a adopté mercredi une loi interdisant les spams et établissant un système de liste rouge : les autorités fédérales seront en charge de l’établissement de registres consignant les adresses électroniques des internautes qui ne souhaitent pas être sollicités. Les spammeurs qui se risqueront à envoyer des messages à caractère pornographique ou contenant de la publicité mensongère à ces adresses écoperont de peines de prison et d’amendes pouvant aller jusqu’à un million de dollars.

Le spam compte aujourd’hui pour la moitié du trafic du courrier électronique, et les sénateurs ont noté qu’il pourrait submerger Internet si aucune action n’est menée par les autorités. Tom Daschle, chef de la minorité démocrate du Sénat a estimé le coût du spam à dix milliards de dollars par an.

Parallèlement à l’adoption de cette loi, le cabinet Pew Internet & American Life Project a publié une étude, réalisée auprès de 1400 internautes, mettant en exergue la lassitude de ces derniers face au spam. Les chiffres sont éloquents : 60 % des interrogés ont réduit l’usage de leur messagerie électronique, et 73 % évitent de donner leur adresse e-mail. Les internautes évoquent également les problèmes liés au spam : difficulté à retrouver les messages importants, perte de temps liée à la destruction du spam, à des tentatives de désabonnement, etc.

Selon Deborah Fallows, chercheur au Pew Internet & American Project, légiférer contre le spam est essentiel, mais ne suffira pas à l’empêcher. Deborah Fallows prône plutôt une solution à la fois législative et technologique, de manière à ce qu’il soit plus risqué et plus ardu de spammer les internautes.

(Atelier groupe BNP Paribas – 23/10/2003)