Ce pourrait être la version high tech 2004 du célèbre combat de David et Goliath. Opera, le navigateur norvégien aux 11 millions de dollars de chiffre d'affaires versus Microsoft, qu'il n'est...

Ce pourrait être la version high tech 2004 du célèbre combat de David et Goliath. Opera, le navigateur norvégien aux 11 millions de dollars de chiffre d’affaires versus Microsoft, qu’il n’est plus besoin de présenter. La question est de savoir comment Opera alias David va vaincre Microsoft alias Goliath. Certainement pas à l’aide d’une pierre… mais peut-être par le biais de l’Internet sur téléphone portable.

Le leadership de la firme de Redmond sur le segment des ordinateurs personnels est avéré et difficile à ébranler. C’est ce dont les responsables d’Opera se sont rendus compte très vite après la création de leur société. Sans abandonner le développement de son navigateur pour ordinateurs personnels, téléchargeable gratuitement et utilisé par 8 millions d’internautes aujourd’hui, Opera a pris le parti de se concentrer sur la niche des navigateurs pour téléphones portables.

Un pari gagnant, puisqu’Opera Software est parvenu à nouer des partenariats avec certains des acteurs les plus importants de la téléphonie mobile : Nokia, Sony Ericsson, Symbian, et Motorola. Avec ce dernier, Opera annonçait le 10 février une association pour éditer un navigateur Wap pour téléphones mobiles, dont le résultat devrait être la mise sur le marché cette année d’une licence.

Pour quelles raisons les équipementiers apprécient-ils le navigateur Opera ? D’un point de vue technique, son navigateur est plus compact et plus rapide que la version d’Internet Explorer proposée par Microsoft. Deux caractéristiques plutôt avantageuses pour les appareils mobiles de petite taille et qui ne communiquent pas encore très rapidement. D’un point de vue plus stratégique, les constructeurs commencent à renâcler devant la nécessaire dépendance par rapport au leader Microsoft. Dans ce contexte, le marché est prêt à faire appel à une société dont les solutions sont viables techniquement.

L’avenir dira si Opera remplira son objectif d’ébranler Microsoft et dans quelles proportions il pourra le faire. Pour l’heure, si Microsoft a pris du retard, il reste que ses budgets recherche et développement devraient lui permettre rapidement de prendre sa place sur le segment de la téléphonie mobile. La vraie bataille se livrera certainement à l’heure du lancement des services de troisième génération.

(Atelier groupe BNP Paribas –27/02/2004)