Sharette adapte le covoiturage, désormais passé dans les mœurs, au distances courtes et quotidiennes. Cassant les prix du transport, l’objectif est aussi le désengorgement de la région parisienne.

La jeune startup Sharette présentait son projet hier pour le lancement de la saison 6 du camping. Celle-ci propose d’intégrer le covoiturage dans le process des transports en commun.  À l’inverse de Blablacar qui a modifié la façon dont se préparait un long voyage, Sharette souhaiterait donner la possibilité de partager un trajet en voiture lors de trajets courts et même quotidiens. Déjà présent depuis l’année dernière au sud de Paris, sur le plateau de Saclay regroupant quelques campus de grandes écoles (HEC, l’Ecole Polytechnique), la startup compte s’adresser à des marchés locaux, très axés sur l’idée d’économie collaborative. Le covoiturage deviendrait un mode de transport en commun couplé aux plus traditionnels métros et RER. Plus précisément, Sharette propose une application reposant sur différents algorithmes développés en interne pour minimiser le temps de trajet dans la grande couronne parisienne en incluant le covoiturage parmi les modes de transports possibles.

Le covoiturage simplifié devient un transport en commun

Les deux fondateurs, Hugues Pouillot et Grégoire de Pins, ingénieurs de formation, pensent ainsi désengorger les transports en commun d’Ile-de-France sans faire d’investissements massifs en infrastructure. Car en effet les sièges inoccupés sur les trajets entre Paris et sa banlieue représentent actuellement un manque à gagner considérable que la jeune startup espère pouvoir rentabiliser. Les deux fondateurs ont su utiliser les retours des premières utilisations qui ont eu lieu sur les campus du plateau de Saclay pour s’assurer de la pérennité de leur business model. Ceux-ci ont découvert que pour des covoiturages de courtes distances, autour de 20 kilomètres en moyenne, les utilisateurs ont tendance à réserver au cours des deux ou trois heures qui précèdent leur départ. Pour les deux fondateurs, “cette utilisation spontanée est caractéristique des trajets sur courte distance aux alentours de Paris”. S’ajoute aussi l’aspect multi-modal de la technologie soutenant Sharette. Celle-ci permet en effet d’optimiser le remplissage des sièges d’une voiture en permettant d’isoler les points de passage par lesquels passe une voiture, pour ouvrir le covoiturage aux plus de personnes possibles.

Une stratégie de développement local avant de s’étendre

Le lancement à venir de Sharette fixera le prix à 1,70 euros le covoiturage, quelque que soit la distance parcourue. Le prix unique est à la fois le résultat d’une maximisation sous contrainte selon différents critères sociaux de la cible client en Ile-de-France. "C’est aussi une façon de communiquer sur le fait que pour nous, le covoiturage fait partie des transports en commun, c’est le même prix qu’un ticket de métro". Le marché du covoiturage est très florissant et Sharette devra s’y faire une place grâce à une proposition de valeur qui situe ses services entre ceux d’un Blablacar et ceux d’un Uber. Surtout que la startup a choisi de ne pas se lancer dans Paris car le marché des courses de taxi comme des transports en commun est déjà saturé. Très différente d’un service de taxi, celle-ci compte plutôt s’installer et nouer des accords avec les campus d’écoles et les zones d’activités aux alentours de Paris qui sont les plus mal desservis par les transports en commun traditionnels. "On n’a pas l’habitude de prendre un Uber pour aller au travail, c’est la fonction de Sharette” En baissant très fortement les prix – en plus de les déconnecter de la distance parcourue –, Sharette prend le risque de changer l’image du covoiturage en en modifiant l’un de ses principaux piliers.

Rédigé par Simon Guigue