Le marketing territorial doit savoir combiner stratégies de présence online, mais aussi outils de modélisation 3D ou applications mobiles pratiques.

"Si le territoire est une marque, alors il faut aussi la promouvoir sur la Toile"

Gabrielle Denis est la fondatrice de l’agence de communication éditoriale Editoile. Elle est intervenue lors de la journée "innovation numérique 3D au service du développement des territoires", qui s’est tenue à Bordeaux le 23 novembre.

L’Atelier : Comment le marketing territorial utilise-t-il aujourd’hui les technologies innovantes ?

Gabrielle Denis : Si l’on prend trois projets récents de marketing territorial - Auwwwergne pour la région Auvergne, le projet Only Lyon pour la ville de Lyon et celui de quatre communes de la communauté urbaine de Bordeaux baptisé J’aime la rive droite - et qui correspondent à trois échelles différentes -, il est possible de noter que chacun utilise finalement des outils similaires. Dans ces trois cas en effet, le facteur du succès consiste à rassembler des individus, en utilisant notamment les médias sociaux, et en se posant les questions suivantes : comment parler du projet ? Avec qui ? Pourquoi ?

A partir du moment où l’on considère le territoire comme une marque, l’objectif est de parvenir à faire parler de celle-ci sur la Toile. Toute la panoplie d’outils habituellement utilisés par les marketeurs peut servir - cela va des comptes Twitter aux blogs spécialisés, en passant par la création de sites institutionnels, ou d’une Page Facebook par exemple. Le but ? Aller chercher l’internaute où qu’il soit.

N’y a-t-il pas d’autres outils innovants, comme la 3D, ou les applications mobiles par exemple ?

Si, tout à fait. Pour ce qui est des outils proposant des modélisations en trois dimensions, on se situe surtout du côté de la relation avec les citoyens, dans le cadre de grands projets d’urbanisme. Pour leur donner à voir le futur. La plupart des projets se fondent aujourd’hui sur les populations locales, et on peut faire appel à des outils de crowdsourcing pour associer les citoyens en amont, au plus tôt. En ce qui concerne les applications mobiles, il est possible de valoriser le territoire en utilisant l’API de Google Maps par exemple. Pour des projets touristiques également, les applications s’avèrent très utiles. Le m-tourisme se développe de plus en plus, et permet d’apporter des informations pratiques sur les expositions en cours, le patrimoine, les parcours touristiques, etc. Enfin, ces application mobiles suivent aussi une logique de gestion de la proximité (transports - pour savoir à quelle heure passe le prochain Tramway, par exemple - déchets, etc.).

Pour valoriser un territoire, vous appuyez-vous sur ses habitants ?

Un projet de marketing territorial vise à renforcer l’activité économique d’un territoire. Pourtant, on parle relativement peu d’économie dans tout ce volume de communication. Il s’agit plutôt de présenter le territoire, c’est-à-dire son patrimoine, les événements qui s’y déroulent, ses spécificités, sa population, etc. Et puisqu’il s’agit de marketing, il faut aussi créer un mythe, étoffer l’image pour lui donner plus de force. Le mieux, pour arriver à cela, est de s’appuyer sur les habitants du territoire. On est en effet sur du marketing qui se veut viral. Du coup, on recherche des ambassadeurs. Or les meilleurs ambassadeurs d’un territoire sont les gens qui y vivent quotidiennement : ce sont eux qui font les territoires. Il y a donc une étape qui consiste à repérer ces personnes, via des procédés de relations publiques.