Confronté à la défiance de plus en plus importante des marchés financiers et à des articles de presse catastrophiques, Heinrich von Pierer, le patron de Siemens, vient d’annoncer qu’il allait se sép...

Confronté à la défiance de plus en plus importante des marchés financiers et à des articles de presse catastrophiques, Heinrich von Pierer, le patron de Siemens, vient d’annoncer qu’il allait se séparer d’activités représentant 60 000 salariés et 17 milliards de marks de chiffre d’affaires (près de 60 milliards de F). Siemens va donc filialiser, puis se séparer de l’ensemble de son activité composants qui représente 11 milliards de marks de chiffre d’affaires et 47 000 employés. La plus grosse partie, les semi-conducteurs, sera progressivement introduite en Bourse “le but étant d’arriver à une participation zéro”. Malgré une perte de 1,2 milliard de marks pour un chiffre d’affaires de 6,7 milliards au cours du dernier exercice, cette activité qui a été la plus profitable du groupe, doit attirer, selon lui, les investisseurs “une firme comme Siemens ne peut se permettre d’avoir une activité aussi cyclique, dont les prix ont baissé de 90 % depuis un an et ne peut handicaper sa capacité d’investissement dans d’autres domaines au profit d’une branche aussi gourmande en capitaux”. Détenue au travers d’un joint-venture avec Matsushita, l’activité composants passifs et tubes électroniques (290 millions de marks de bénéfice pour un chiffre d’affaire de 2,6 milliards) fera l’objet de discussions avec ce dernier “une introduction en Bourse est envisageable”. Pour les composants électromécaniques (45 millions de marks de résultat, 1,5 milliard de chiffre d’affaires), le groupe cherche un partenaire adapté.

Dans le domaine information et communication, les câbles en cuivre, comme l’activité guichets automatiques de banques seront vendus. L’ensemble représente un chiffre d’affaires de 4 milliards de marks et 4 000 personnes. En revanche, Siemens veut se renforcer dans les réseaux pour l’intégration de la voix et des données aux Etats-Unis.

Heinrich von Pierer a souligné “le fait que nous nous séparions d’un septième de notre chiffre d’affaires et de 60 000 postes ne signifie pas 60 000 suppressions d’emplois. Nous pensons au contraire que les salariés concernés auront ainsi un avenir plus assuré”.

Siemens (416 000 employés) termine l’exercice clos le 30 septembre par un chiffre d’affaires de 117,8 milliards de marks (près de 400 milliards de F) en hausse de 10 % et un bénéfice après impôts de 0,92 milliard de marks, contre 2,61 milliards l’an dernier. Cette chute de la profitabilité s’explique selon les dirigeants par les fortes pertes dans les semi-conducteurs, les techniques de transport et la production d’énergie. S’ajoute à cela la division par quatre du résultat de la branche télécommunications privées, liée au choix erroné de fabriquer des téléphones portables coûteux et sophistiqués alors que le marché demande le prix le moins cher. (Les Echos La Tribune Le Figaro 05/11/1998)