À l’université de Virginie, une chercheuse s’est intéressée à la perception des signatures électroniques. La confiance en ce genre d’outil semble loin d’être évidente.

La signature électronique face à des blocages inconscients

Voilà une étude qui remet en perspective les nombreux usages de la signature électronique. Une technologie qui tend pourtant à se propager depuis plusieurs années. Le professeur Eileen Chou de l’université de Virginie ne remet pas en question la sécurité ou l’authenticité du procédé mais sa perception. Elle a enquêté afin de comprendre comment étaient envisagées les e-signatures. Pour cela elle a interrogé plusieurs séries de personnes face à des documents signés électroniquement ou à la main.

Premier problème soulevé par les participants à l’étude : la présence sociale derrière ce genre de signatures virtuelles est bien plus basse que celle des signatures manuscrites. Les personnes interrogées avouent une certaine distance vis-à-vis de l’électronique qui ne marque pas l’identité du signataire. En conséquence l’e-signature est envisagée comme un moindre investissement de la part de ce signataire.

En fait, la confiance dans l’e-signature est bien plus basse que pour l’inscription manuscrite. Eileen Chou a présenté aux participants de son étude cinq documents comportant cinq types de signatures. Elle leur a ensuite demandé de classer les contrats de celui qui a le plus de chances d’être rompu à celui qui en a le moins. Résultat : les signatures avec le moins d’éléments personnels sont perçues comme les moins fiables. Pour résumer, plus elle est impersonnelle moins elle inspire confiance. À l’instar du vote électronique, la confiance devra donc être au centre des évolutions à venir sur cet outil si l’on en croit l’étude.

Il y a un délai entre la facilité avec laquelle on s’adapte aux nouvelles technologies dans les comportements et la façon dont on les perçoit psychologiquement.” explique Eileen Chou. Car très peu de participants à l’étude étaient par nature opposés à la signature électronique. Reste qu’inconsciemment elle a pour eux moins de valeur. Toute la question des années à venir sera donc de voir si cette donnée évolue ou si le fossé entre comportements et perception demeure.

 
Rédigé par Guillaume Scifo