L’interaction homme-machine connait un renouveau à l’ère où le smartphone s’impose comme le standard de l’objet technologique. C’est au tour des ondes radios d’être utilisées comme intermédiaire entre les gestes et l’outil.

Les signaux 3G remplacent la caméra dans la capture de mouvement

Plus des deux-tiers de la population américaine est dotée de smartphones. En s’imposant par le touch-screen, les gestes se sont adaptés jusqu’à devenir une seconde nature. Matt Reynolds et Shwetak Patel, professeurs d’ingénierie électronique à l’université de Washington travaillent comme beaucoup d’autres sur la façon dont les utilisateurs pourraient communiquer avec leur device mobile dans le temps. Leur produit, SideSwipe vient d’une recherche menée sur la conversion des signaux radios en codes binaires – ceux-ci peuvent être ramenés à de la détection de mouvements. Eux ont développé un capteur nouveau qui utilise la réflexion des transmissions sans-fils du téléphone pour capter les mouvements effectués à proximité. Un utilisateur peut donc communiquer avec son smartphone sans le tenir directement. Le smartphone capte la force de frottement qui a lieu entre les mouvements musculaires des utilisateurs et les signaux radios 3G ou 4G émis par le smartphone.

Conserver la denrée rare : la batterie

Aujourd’hui les smartphones sont dotés de plusieurs capteurs sophistiqués : la caméra, l’accéléromètre ou le gyroscope. Le smartphone va jusqu’à capter ses propres mouvements. Si des capteurs de mouvements en 3D par la caméra du smartphone existent déjà, ces chercheurs ont voulu utiliser une forme moins consommatrice en énergie. En effet, la gestion de la batterie reste la première contrainte des technologies se développant autour du paradigme du contrôle à distance. Utiliser le capteur vidéo de la caméra, par exemple, aura un impact beaucoup plus négatif sur la batterie que la technologie de SideSwipe. Or, celle-ci n’utilise pas de fonctionnalité spécifique du téléphone sinon sa connexion à l’internet par les ondes radios 3G. En plus des gains sur la batterie, les chercheurs défendent la simplicité de leur invention pour les utilisateurs qui ne demande aucune manipulation pour être comprise. Lorsqu’un utilisateur bouge un membre autour de son smartphone, les ondes radios émises en permanence par le smartphone pour récupérer l’internet par la 3G connaissent une fine altération. Dès lors, il est possible d’isoler l’altération de ces ondes radio pour leur faire correspondre une tâche informatique, comme lancer un appel ou débloquer l’écran de veille. De façon plus subtile, la direction des gestes autour d’un smartphone va créer une altération du signal radio différente. Une fois encore, il ne s’agit plus que d’implémenter des tâches spécifiques pour un mouvement venant de la droite ou venant de la gauche.

L’analyse des ondes radios par le smartphone

Les ondes radios ont l’avantage de ne pas être bloquée par les vêtements ni par de fines couches de matières. Plus encore, le smartphone peut récupérer l’altération des ondes radios sur une certaine distance : c’est l’espace proche qui devient un terrain à explorer pour l’interaction homme-machine entre l’utilisateur et son smartphone. En effet, le lien entre l’expérience traditionnelle et sens du toucher est brisé si l’altération des ondes radios par des gestes effectués à plusieurs mètres du smartphones peut être captée. Pour l’instant, quatorze gestes différents ont été mis au point par le groupe de recherche puis testés pour affiner la qualité du "machine learning". En effet, le programme de SideSwipe "apprend" petit à petit des gestes de l’utilisateur pour atteindre, selon la communication des chercheurs, un taux de réussite de 87%. SideSwipe doit néanmoins s’adapter aux contraintes évidentes qui s’imposent. Si le smartphone "apprend" au cours du temps à reconnaître certains mouvements, ceux de son utilisateur principal, comment être sûr qu’aucun autre type de mouvement va en altérer l’expérience – des animaux de compagnie aux autres smartphone utilisant la même technologie ? En revanche, les scénarios qui rendent cette technologie attractive sont nombreux, les chercheurs évoquent l’activation du mode silencieux en rendez-vous ou le contrôle des lecteurs de musique.

Rédigé par Simon Guigue