L'analyse des différents comportements des seniors selon leur niveau de connectivité a fait émerger une nouvelle tranche de consommateurs. L'utilisation d'Internet apparaît liée à une augmentation notable du niveau de vie.

Les silver surfers, une cible de choix pour les marketeurs ?

Jusque là attaché aux plus jeunes, le développement des nouvelles formes d'interactions connectées apparaît comme générateur d'améliorations significatives dans les habitudes de consommation des plus âgés. Un récent rapport publié par le CREDOC rappelle ainsi que le marché des seniors est soumis à une potentielle augmentation de 40% en moins de dix ans. Les habitudes de consommation des tranches les plus âgées s'avèrent cependant, plus encore que les autres tranches d'âge, liées à l'intensité et la récurrence des situations de socialisation. En créant de nouvelles habitudes, le développement de nouveaux rapports interpersonnels par le biais de la connectivité permet de dynamiser d'autant la consommation des seniors.

Réintégrer les séniors dans le cycle économique

Ainsi l’étude du CREDOC rappelle que les seniors, de par leurs besoins spécifiques, nécessitent un ciblage d'autant plus précis quant aux produits proposés. La comparaison entre les habitudes de consommation de groupes plus ou moins utilisateurs d'Internet dévoile de cette façon l'effet incitatif de la connectivité. Tous les secteurs de consommation enregistrent des augmentations nettes, transports, loisirs et habillement dans ses groupes, notamment, avec une multiplication moyenne par 3 des dépenses annuelles allouées. Avec l'avènement de générations de plus en plus connectées, et à l'espérance de vie de plus en plus longue, la manne que représente ce secteur ne va cesser d'augmenter. Le point qu'il faut retenir ici est, qu’à moins de produits et campagnes spécifiquement adaptés à leurs besoins, les seniors risquent encore de rester la tranche qui consomme le moins. Car le rapport du CREDOC le pointe explicitement, cette évolution dans la répartition des revenus ne tient pas tant à une non-volonté de consommer mais bien à une offre qui n'a su rester adaptée aux besoins des générations vieillissantes.

Plus l'âge augmente plus le comportement est économe

Ainsi habillement, restauration, transports et logement sont en moyenne inférieur après 50 ans. La plupart de ces postes de dépenses sont directement liés à des activités sociales effectuées en dehors du lieu d'habitation, qui se réduisent lorsque la mobilité diminue. De même, on observe un taux de renouvellement moindre auprès des équipements, qu'ils soient lourds ou légers. On observe ainsi un changement massif de l'approche de la consommation, depuis une consommation-plaisir à une consommation centrée sur la notion de besoin. C'est de cette façon une baisse de plus de 30% en moyenne des dépenses associées entre 50 et 80 ans. Or si les difficultés économiques des séniors ne sont pas à nier, cette baisse de la consommation s'accompagne dans la majorité des cas d'une nette augmentation de l'épargne à la marge, passant de 9% à 50 ans à plus de 35% en moyenne passé 85 ans. Dans le même temps, la consommation à la marge chute de près de 30 points durant la même période.

 
Rédigé par Quentin Capelle
Journaliste