Pour que les politiques de télémédecine portent leurs fruits, il faut miser sur la simplicité d'utilisation des systèmes, la coopération et la protection des données. Cela pour faciliter leur adoption par les professionnels.

Simplicité d'usage et sécurité faciliteront l'acceptation de la télésanté

Les technologies connectées semblent être une réponse adaptée à la coopération des professionnels de la santé en région, comme l'ont montré certaines initiatives exposées au salon HIT, dédié aux technologies de l'information au service de la santé*. Mais pour que leur usage rentre pleinement dans les mœurs, il faut avant tout favoriser le déploiement d'interfaces facilement utilisables. Il est également nécessaire que les processus répondent en premier lieu aux attentes des médecins, en termes de collaboration et de réduction de files d'attentes dans le but de traiter au mieux les urgences. Voilà ce qu'on pouvait conclure de l'observation des solutions existantes. Pour Laurent Pomares de la société Accelis Vepro  - qui a mis en place une plate-forme en Nord Pas-de-Calais, "en plus de la facilité d'utilisation des services de télémédecine, le succès réside dans la confiance des professionnels du secteur médical quant à la sécurité des systèmes".

De l'acceptation à l'appropriation

"L'usage n'est pas entièrement rentré dans les mœurs, pourtant les professionnels de la santé sont demandeurs d'outils numériques. Reste donc qu'ils doivent se les approprier", poursuit Stéphane Magne, chef de projet sur la mise en place des dossier médical personnel et dossiers communicant cancérologie (DMP/DCC) et spécialiste dans les questions relatives aux réseaux de santé en Aquitaine. En effet, les médecins auraient passé la phase de découverte de ces outils et seraient en pleine phase d'acceptation. Cette initiative entraîne déjà selon lui "des dynamiques synergiques dans les bassins de santé, favorisant la mutualisation des services et la création de groupements de coopération sanitaire". En effet, ils oeuvrent en faveur de l'innovation et de la collaboration intellectuelle des professionnels, notamment pour répondre aux problématiques d'éloignement géographique. Le réseau TéléSanté Aquitaine, un groupement de coopération sanitaire dont le but est de développer des services d'e-santé dans la région, en est un bon exemple.

Des applications concrètes déjà à l'œuvre...

La plateforme développée en Nord Pas-de-Calais est également probante : un système régional a été mis en place pour relier tous les centres publics d'hospitalisation. Dans la pratique, "il s'agit d'une plate-forme qui permet de relier vingt-cinq établissements à un centre de données. Grâce un logiciel, il est possible pour chaque médecin de suivre un dossier, d'intervenir dessus, de le réaffecter à un autre établissement voire même d'établir des diagnostics", explique à L'Atelier Laurent Pomares. Cette dernière permet en effet d'améliorer la rapidité des interventions grâce à une base de données centralisée : il est donc possible pour un établissement disposant d'un scanner mais pas d'un radiologue d'obtenir un diagnostic en une vingtaine de minutes car des radiologues d'astreinte pourront accéder aux images en temps réel de chez eux ou d'un autre établissement.  

* Salon qui s'est tenu à Paris du 17 au 19 mai 2011, au parc des expositions de Porte de Versailles