L’initiative, qui a remporté un Technology Award lors du Code for America Summit 2015, permet aux habitants d’Asheville d’accéder facilement aux données de leur municipalité.

SimpliCity permet aux citoyens de tout savoir sur leur ville

Parmi les nombreuses dimensions de la smart city, la meilleure circulation de l’information entre citoyens et gouvernements constitue l’un des sujets clef. Un objectif susceptible d’ouvrir de nombreuses portes : améliorer l’efficacité des gouvernements et leur gestion des problèmes au quotidien, bien sûr, mais aussi promouvoir l’engagement des citoyens et doper ainsi l’instinct démocratique. Libby Schaaf, maire d’Oakland, interrogée par L’Atelier en juillet dernier sur les initiatives menées par sa municipalité en matière de gouvernement participatif, affirmait ainsi : « Nous devons faire en sorte que les citoyens aiment de nouveau la démocratie, nous avons besoin de leur participation pour que le gouvernement fonctionne. Je pense que l’ouverture des données peut contribuer à plus de transparence, à éclairer les citoyens sur les actions du gouvernement, afin qu’ils sachent où vont leurs impôts, qu’ils voient l’intérêt de participer au processus démocratique. » En la matière, une initiative originale nous vient de la petite municipalité d’Asheville, en Caroline du Nord. Cette dernière a mis en place il y a quelques mois la plate-forme SimpliCity, qui permet aux habitants d’avoir très facilement accès à n’importe quelles données concernant leur ville.

Une interface simple et intuitive

Si l’ouverture des données aux habitants n’est pas un phénomène nouveau, la démarche menée par la municipalité innove en revanche sur la forme, selon Jonathan Feldman, Chief Information Officer d’Asheville, venu présenter le projet au Code for America summit 2015. « La plupart des innovations en matière de gouvernement local reposent sur une carte, et sont souvent complexes et difficiles à prendre en main. » affirme-t-il. « SimpliCity est au contraire conçu de manière simple et intuitive, avec une barre de recherche où les citoyens tapent des mots clefs et reçoivent des suggestions en retour, exactement comme dans Google. » Le service fonctionne de manière topographique. Le citoyen rentre donc une zone géographique, qu’il s’agisse d’un quartier, d’un lieu-dit ou d’une adresse précise, et même du nom d’un propriétaire foncier. Il peut ensuite avoir accès à toutes les données concernant cette zone : chiffres de la criminalité, jour de passage des éboueurs, taxes locales ou encore plans de construction. Il est également possible d’obtenir les adresses postales des résidents et des propriétaires d’une zone géographique donnée.

Faciliter la remontée de l’information

Mais l’information ne circule pas uniquement du gouvernement vers les citoyens : ces derniers peuvent également faire remonter leurs remarques, pistes d’améliorations et sources de mécontentement aux autorités locales. Une application permet ainsi aux habitants de transmettre facilement une requête aux autorités compétentes. Entièrement open source, le projet peut être réutilisé à loisir par d’autres gouvernements qui souhaiteraient s’en inspirer. « Je crois que les municipalités sont en train de réaliser que la technologie ne permet pas seulement d’améliorer leur fonctionnement en interne, mais peut aussi bénéficier considérablement aux citoyens. » déclare Jonathan Feldman. L’ensemble du projet a été permis par l’ouverture des données publiques, ici simplement présentées sous une forme accessible et intelligible. A l’issue du Code for America summit, Asheville s’est vue remettre un Technology Award pour sa plate-forme innovante. Les innovations en terme de gouvernement ne manquent pas sur le sol américain : en mai dernier, l’Atelier présentait la start-up NextRequest, qui aide l’administration américaine à numériser ses données et communiquer plus facilement avec les citoyens.

 
Rédigé par Guillaume Renouard