Pour savoir quel scénario adopter en cas d'évacuation d'un bâtiment, plonger une personne dans un univers en 3D où elle peut se mouvoir rend ses déplacements plus naturels et facilite la collecte d'informations.

La simulation n'est efficace que si elle est accompagnée d'éléments réels

Pour mettre en place un système d'évacuation le plus efficace possible au sein d'un immeuble, il serait intéressant d'amalgamer simulation 3D et expérience grandeur nature. Des chercheurs de l'institut de technologie de Karlsruhe et de la PTV Planung Transport Verkehr ont donc mis au point un système qui permet d'interagir physiquement avec une simulation virtuelle. Pour cela, ils ont équipé le sujet d'un casque 3D, lui-même truffé de capteurs de mouvements et de position. En fonction de cette dernière, l'écran du casque fait ainsi varier l'image projetée, donnant l'impression au sujet testé de se trouver dans un environnement évolutif (les couloirs et salles de ce dernier se superposent en fait à l'environnement réel).

Trouver la meilleure voie dans un environnement changeant

Le but pour lui est de parvenir à évacuer le lieu le plus vite possible (dans le cas présent, un hôtel), en suivant les marquages au sol ou les panneaux de sortie. L'emploi de cette technique est intéressant, puisqu'elle combine les avantages des tests virtuels et grandeur nature, tout en éliminant leurs inconvénients. Ainsi, le côté simulation de la chose permet de modifier des éléments du décor à volonté (rajout d'un panneau "sortie", de lignes sur le sol...) tout en autorisant une réelle interaction qui ne se limite pas au clic d'une souris via un écran d'ordinateur.

Un système efficace, aux avantages multiples

L'on peut également donner l'impression au cobaye d'évoluer dans un contexte de foule, plus réaliste dans le cas d'une évacuation d'urgence, sans avoir à recourir à plusieurs expérimentateurs, par simple ajout d'agents virtuels. Au final, la méthode a démontré son efficacité, puisque des différences de comportements ont été constatées selon le type d'indications données aux testeurs. Ce qui a permis aux chercheurs d'établir des "meilleures pratiques", en l'occurrence le recours à des marquages au sol, qui diminuent drastiquement le temps d'évacuation.