souvent des conceptions traditionnelles. Selon une récente étude du cabinet Research International, si les banques et les compagnies d’assurances sont aujourd’hui présentes en masse sur Internet, e...

souvent des conceptions traditionnelles. Selon une récente étude du cabinet Research International, si les banques et les compagnies d’assurances sont aujourd’hui présentes en masse sur Internet, elles ne savent pas encore comment exploiter les caractéristiques propres. Research International considérant que “la page d’accueil des sites est le lieu le plus révélateur de la nature et du sens des choix opérés” puisque “c’est la vitrine du site, ce qui donne envie de pousser la porte et d’entrer ... ou au contraire de passer son chemin” a procédé à une étude comparative des écrans d’accueil de 77 sites de banques et d’assurances du monde entier. Il en ressort que la grande majorité de ces site “relève d’une conception très traditionnelle, très informatique”. La première page d’une quarantaine de sites se présente, soit comme un simple menu de navigation alignant des icônes de type Windows (comme les sites de la BNP et de la GMF), soit comme une “enseigne” du groupe, centrée sur le simple énoncé de sa marque (GAN, BBL). Selon le consultant, ces deux approches “ne véhiculent que faiblement l’image institutionnelle de l’émetteur”. En revanche, d’autres entreprises donnent la priorité à leur message institutionnel, mais “sans toujours intégrer les caractéristiques propres au média Internet”. Dans ce cas, soit la page d’accueil est entièrement textuelle, ou à l’inverse, composée d’une mosaïque d’images. D’assez nombreux établissement mettent en avant sur leur page d’accueil l’image de leur siège social (Paribas, CCF, Société Générale), risquant ainsi de voir le visiteur “impressionné, rester à distance”, ou cherchant à véhiculer une image de “puissance internationale”. L’étude n’a trouvé en définitive que cinq sites cherchant à utiliser les caractéristiques propres d’Internet. Certains comme le Crédit Mutuel et Royal Insurance jouent sur ses possibilité ludiques, en abordant un graphisme de bande dessinée. Deux autres, en affichent des lieux “totalement virtuels”. Selon Research International, la conception du site en particulier de la Dresdner Bank sur lequel figure une sorte de galerie marchande avec boutiques, café et panneaux d’affichage “est la plus ambitieuse” qui permet au client “de pénétrer littéralement dans l’entreprise et de la découvrir de façon ludique”.

Les sites actuels exploitant peu les ressources d’Internet risquent de décevoir les utilisateurs, d’autant que ceux des sites bancaires ont “un niveau d’attente très fort, symptomatique et l’idéalisation de ce nouveau monde que représente pour eux Internet”. Beaucoup d’entre eux, révèle une étude de comportement, voient dans Internet un moyen de retrouver le contrôle de leur argent, de façon plus conviviale et ergonomique que sur le Minitel.

Les sites d’assurances sont jugés “pauvres et immatures avec une information diluée et une interactivité absente ou faible”. Selon l’étude, cet état de fait est susceptible d’installer “frustrations et rancoeurs”. (Les Echos - 25/08/1998)