Sujet phare lors de l’événement Smart City Startups à Miami, la disruption dans la mobilité et les transports a permis de mettre en avant une volonté de s’appuyer sur l’exemple de petites villes pour lancer la réflexion sur la smart city.

Smart City : Le travail sur la mobilité doit commencer dans les petites villes

« Plus de la moitié de la population vit aujourd’hui en ville, et dans 30 ans, ce sera 70% de la population qui sera installée en milieu citadin ». C’est le constat de Shaun Abrahamson, organisateur de l’événement Smart City Startups à Miami qui s’est tenu les 24 et 25 avril 2015. Pour la deuxième édition de ce rendez-vous annuel organisé par Urban.us, fonds d’investissement spécialisé dans le financement de start-up qui ont le potentiel de transformer les villes, une centaine de start-up du mouvement « urban tech » étaient réunies pour exposer leur projet aux visiteurs.

Et l’un des sujets phares de cette année était la mobilité avec un panel d’intervenants qui s’est entretenu autour du sujet « La disruption dans la mobilité: Comment les start-up refaçonnent nos villes ». Et plus précisément, l’intérêt de se tourner vers les petites villes (américaines) pour comprendre les difficultés de déploiement de technologie dans les transports.

Un partenariat public et privé pour favoriser la mobilité

Ainsi, Sabrina Sussman, vice-présidente d’ITSA (Intelligent Transportation Society of America) a relevé les succès d’entreprises comme Uber et a surtout mis en avant le potentiel d’innovation dans les plus petites villes, telles que Seattle, Detroit ou Indianapolis. « Les problèmes les plus importants apparaissent dans les petites villes et non dans les métropoles, notamment en terme de transport. C’est donc là-bas qu’il faut aller voir » explique celle-ci. Les transports publics aux États-Unis sont en effet financés par un fonds public qui n’a pas augmenté depuis plusieurs décennies, d’où le manque de flexibilité et de modernisme du système. Une constatation qui découle, par ailleurs, de l’observation des petites villes qui sont les plus touchées par cette difficulté.

A partir de cette donnée, tous les intervenants se sont mis d’accord pour dire que le futur de la mobilité résiderait dans un partenariat entre les acteurs publics et privés et non dans une concurrence. Ce sera la diversification et une combinaison ingénieuse des modes de transport qui permettra aux villes de s’adapter aux changements. Et notamment de l’initiative de startups comme TransitMix.

L’analyse des données pour optimiser les réseaux de transport

Logiciel d’analyse de données destiné aux planificateurs de réseaux de transport ou Transit Planner, le service de TransitMix permet ainsi de visualiser les routes et estimer les coûts de manière efficace pour optimiser les réseaux de transport de la ville. Sa particularité ? S’adresser principalement à des petites villes américaines.  « Les planificateurs de réseau de transport dans des villes à plus petit rayonnement ont accueilli notre logiciel avec grand enthousiasme. Certains d’entre eux procédaient encore à la main, sur des tableaux. Notre logiciel leur permet ainsi de faciliter grandement leur travail » explique Tiffany Chu, co-fondatrice de TransitMix.

En effet, la jeune entreprise basée à San Francisco a effectué un passage au célèbre incubateur YC Combinator et a entamé une phase de développement qui a vu son système être utilisé dans plus de 3 000 villes, aux Etats-Unis mais aussi à l’étranger. Environ 50 000 cartes de visualisation ont pu être créées depuis son lancement l’année dernière. Lors de Smart City Startups, elle a été choisie par le public lors du concours de start-up dont l’objectif était de proposer une solution de ville intelligente à la ville de Miami. Avec de beaux jours devant elle, l’entreprise compte s’entretenir avec les autorités publiques de nombreuses villes pour améliorer la mobilité des usagers. Les frontières entre acteurs publics et privés se brouillent progressivement pour aboutir à des initiatives efficaces et intelligentes pour transformer les villes.

Rédigé par Eliane HONG
Journaliste