À l’échelle mondiale, l’augmentation radicale de l’utilisation du vélo en ville ferait économiser 24 000 milliards de dollars à la société.

#smartcity : le vélo, une économie globale plus que juteuse

L’Institute for Transportation & Development Policy en partenariat avec la UC Davis publient un rapport qui invite les villes à favoriser la mise en place d’infrastructures pour encourager l’utilisation de vélos. Au delà de l’impact environnemental (11 % d’émissions de CO2 en moins d’ici 2050 selon leurs estimations), augmenter radicalement les déplacements en vélos en ville permettrait une économie globale à hauteur de 24 000 milliards de dollars. Pour arriver à ce chiffre, les chercheurs ont pris en compte une quantité de variables publiques et privées allant de l’impact sur le coût de la santé et les coûts d’opération pour les villes. « Les municipalités pourraient réaliser des économies en matière d'infrastructure. Un exemple simple : la réduction de la demande en espace de stationnement pour véhicules », explique Lewis Fulton, co-auteur de l'étude.Statistiques sur l'utilisation du vélo en ville

En gris, le pourcentage de trajets urbains réalisés à vélo en maintenant les infrastructures telles qu'elles sont aujourd'hui. En vert, le pourcentage potentiellement atteint si un changement radical est opéré (« e-bike » faisant référence au partage de vélo)

Développer les pistes cyclables et les parkings à vélos

Développer les infrastructures pour les cyclistes, c’est d’abord augmenter le nombre de pistes cyclables dans les villes, tout comme le nombre de porte-vélos et de parkings. C'est aussi mettre en place des systèmes de vélos partagés. Plus qu’un aménagement urbain « pro-vélos », il est aussi question de culture. « Réussir à faire augmenter le ratio de vélos par habitant passe par montrer aux cyclistes qu'ils peuvent circuler à vélo en toute sécurité. Il existe également un effet d'entraînement. Prenons l'exemple de Paris, la mise en place du vaste réseau de partage Vélib’ a largement contribué à l'utilisation de plus en plus répandue de vélos dans la capitale française. Dans cette même optique, fermer l'accès aux voitures dans certaines rues le weekend pour inciter les citadins à apprivoiser le vélo en ville apparaît comme une excellente initiative », poursuit Lewis Fulton.

Embouteillage de vélos à l'heure de pointe sur le pont Dronning Louises Bro à Copenhague

Les villes émergentes se montrent pionnères

Par villes emblématiques du vélo, on associe généralement Amsterdam et Copenhague. On aurait pourtant tort de penser que les pays européens - exception faite des Pays-Bas et du Danemark, constituent des modèles en matière de transport à vélo. En France, par exemple, seuls 2 % des trajets urbains sont effectués à vélo selon les chiffres du rapport. Les États-Unis et le Canada, où les trajets en vélos représentent seulement 1 % des déplacements urbains, ne font pas non plus figures de bon élève. Dans leur étude, Lewis Fulton et ses collègues remarquent les avancées de certaines métropoles des pays émergents. C’est notamment le cas de Bogota en Colombie où la part des vélos serait passée de 0 à  5% en quelques années seulement et devrait atteindre rapidement les 10 % selon les prédictions des chercheurs. Le maire, Enrique Peñalosa, aurait notamment beaucoup contribué la multiplication d’infrastructures en faveur des cyclistes.

Rédigé par Pauline Canteneur