Au détriment des smartphones high tech, lors du Mobile World Congress 2017 de Barcelone, les portables rétro pour des usagers en rêve de simplicité se sont démarqués.

Le smartphone cessera-t-il un jour d’être smart ?

L’histoire de l’innovation n’est jamais linéaire. Tant est si bien, que tourner son regard vers les objets d’hier s’avère parfois un juste moyen de détecter les usages à venir. Et rien de nouveau à ce que les usages comme les objets soient soumis au va et vient aléatoire des effets de mode. Car la mode est capricieuse en ce qui concerne le smartphone devenu pour certains un compagnon des plus fidèles. Et la promesse des fabricants ne manque jamais d’audace en la matière : faire du smartphone, un téléphone encore plus  « smart » grâce à la 5G et l’intelligence artificielle.

Et pourtant, tous ne suivent pas cette course technologique. Des fabricants et des consommateurs en prennent même le contrepied, selon le MIT pour proposer une téléphonie dont la principale force repose sur la simplicité d’usage. En d’autres termes, le smartphone sur le marché se fait concurrencer par le « simple» phone dont il est paradoxalement l’héritier. La résurrection du Nokia 3310 au Mobile World Congress de Barcelone en est un signe précurseur. L’écran tactile a disparu, la batterie dure plus d’un mois. Nulle application. Et encore moins de 3G.

Et il n’est pas le seul. BlackBerry fait son retour avec le fabricant chinois TCL Communication qui combine clavier physique, écran tactile, et portable plus fonctionnel. LG se démarque parallèlement dans sa stratégie commerciale en faisant de la solidité des écrans de portable et la durée des batteries son premier défi au détriment de services ou applications gadgets. Côté consommateurs, ces simples téléphones trouvent grâce à leurs yeux justement parce qu’ils permettent digital detox et vie paisible.

Il ne faudrait pas se méprendre face à la marginalité de la tendance pour l’heure. Qui plus est, il est difficile d’imaginer au sein des smart cities, l’abandon radical d’un smartphone qui est l’un des outils permettant d’honorer ses promesses, et d’autant plus à l’heure de la révolution mobile. Ainsi, ces « simple » phones ne sont-ils que le reflet de la nostalgie d’une génération ? Le signe balbutiant de ce que le MIT nomme une « techno rébellion » ? Ou alors peut être mieux le désir d’une proposition plus rationalisée des services de téléphonie à destination d’utilisateurs, lassés de sa folie des grandeurs ? A noter tout de même que la vente mondiale des smartphones en 2016 a connu son premier ralentissement.

Rédigé par Laura Frémy
Journaliste