De l’epellation assistée aux recherches liées, l’expérience menée par un chercheur sur les moteurs de recherche montre la difficulté d’optimiser les outils à mettre en place pour accompagner les navigateurs dans leurs requêtes.

La sociologie des comportements au secours de la navigation web

Si l’information est disponible en grande partie gratuitement, et dans des proportions considérables, son accessibilité reste un problème fondamental, depuis Google jusqu’aux utilisateurs. Gareth Renaud, chercheur à l’université de Glasgow, a tenté de cerner au plus près les enjeux de l’expérience-utilisateur de la recherche. Trois questions principales furent posées : quels types d’outils peuvent optimiser la qualité des requêtes web ; quelle serait la meilleure disposition de ceux-ci sur une page web (a fortiori un moteur de recherche), quel est le nombre de suggestions optimal pour l’outil ci-désigné. Afin d’obtenir les résultats les moins biaisés possibles, Gareth Renaud a crée un moteur de recherche de toute pièce, SCAMP, à partir duquel il pouvait essayer plusieurs combinaisons possibles d’assistance à la recherche pour mieux cerner les réactions des utilisateurs.

Mettre en difficulté les utilisateurs pour mieux les comprendre

La méthodologie repose donc sur SCAMP, sorte de simulateur pour quatre moteurs de recherche tests avec des niveaux d’assistance variés : sans aucune aide, avec l’épellation assistée, avec les recherches associées, ou avec les deux derniers. Ces quatre modalités offrent aux chercheurs la possibilité d’isoler les comportements par rapport à l’aide reçue du moteur de recherche. Ils servent aussi à neutraliser d’éventuels biais de comportement entre les utilisateurs qui sont accoutumés à leur moteur de recherche habituel. La tâche expérimentale demandée aux utilisateurs-testeurs était la suivante : faire des recherches web sur différents sujets "sous contraintes". Par exemple, pour une recherche sur l’indépendance de l’Ecosse, ceux-ci n’avaient pas le droit d’utiliser certains mots. Les utilisateurs ont en effet du mal à trouver des synonymes assez rapidement, par rapport à un sujet imposé. En termes d’acuité, les utilisateurs sont moins efficaces laissés seuls et c’est, sans surprise, le moteur de recherche qui assiste le plus les utilisateurs dans leurs recherches – avec l’épellation automatisée et les résultats liés – qui donne les meilleurs résultats.

Les stratégies des utilisateurs

Parmi les conclusions de l’enquête, les recherches reliées et l’épellation assistée incitent immanquablement les utilisateurs à diversifier – et optimiser – leur recherche. Le nombre de requêtes minimale pour une recherche (sous contrainte donc) sur SCAMP est de 8 et monte jusqu’à 53 – avant que l’utilisateur ait trouvé un résultat satisfaisant. Dans le même temps, le nombre de pages parcourues pour une recherche est de 4,3. Si les utilisateurs fournissent donc un effort dans leur recherche, il n’y a en moyenne que 1,5 re-formulation "totale" des mots clés. C’est-à-dire qu’un utilisateur ne renouvelle que rarement tous ses mots-clés dans la barre de recherche, comme pour entamer une nouvelle piste. Certains utilisateurs varient beaucoup les mots clés au début de leur recherche, mais plus celle-ci s’affine, moins il est nécessaire d’entièrement renouveler la formulation. Enfin, d’après le retour d’expérience des utilisateurs, le nombre de suggestions offertes par SCAMP paraissait suffisant. En effet, un surplus d’informations, ici sous la forme d’une multitude de liens pas toujours connectés entre eux, peut perdre les utilisateurs.

Rédigé par Simon Guigue