Tencent, le leader chinois de la messagerie instantanée et également l'opérateur de jeux a annoncé sa décision de fermer la possibilité de convertir de l'argent entre ses deux monnaies virtuelles : le Gdollar, utilisé pour les jeux videos et le Qdollar, utilisé pour son système de messagerie. La raison est que des pratiques de spéculation se sont développées ces derniers temps sur ces monnaies virtuelles, exploitant les différences de taux de conversion d'une monnaie à l'autre.

Le principe est simple et bien connu des analystes boursiers. Un internaute achète des accessoires virtuels avec des Qdollars. Il échange ensuite ces accessoires pour d'autres qu'il peut convertir en Gdollars.

L'objectif est ensuite de vendre ces Gdollars à d'autres utilisateurs pour de l'argent réel. Déjà, des officiels ont exprimé leurs inquiétudes quant à la circulation de cette monnaie virtuelle, et sur les impacts possibles sur la devise chinoise : le Renminbi.

Aujourd'hui, ses inquiétudes portent également sur les dérives spéculatives observées chez les jeunes. Le communiqué de Tencent suit l'émission d'un avis de ministères gouvernementaux chinois pour réglementer davantage la gestion de cypercafés et des jeux en ligne.

Selon cet avis, l'ouverture de nouveaux cypercafés est interdite en Chine cette année et aucune monnaie virtuelle ne peut être utilisé pour acheter des choses tangibles. Les transactions avec une monnaie virtuelle mais convertible en monnaie réelle se multiplient dans les univers et les communautées sur Internet.

Ce qui relance la question de la maîtrise de véritables économies parallèles sur le Web qui se basent sur des "monnaies privées", c'est-à-dire détenues et gérées par des entreprises ou des individus. En l'absence de régulation, la tentation de faire jouer la "planche à billets" pour s'enrichir peut alors devenir très grande.

Au-delà du "Qdollar" en Chine, se développe aussi le "Dotori" en Corée et le "Linden dollar" sur Second Life. La marque Budweiser a même ses propres Bud Bucks ! On se souvient des beenz qui au début des années 2000 avait fait coulé beaucoup d'encre et inquiété les banques.

Aujourd'hui beenz.com est à vendre mais les monnaies virtuelles vont elle faire leur grand retour avec le succès des sites communautaires ?

[via : FinanceAsia]

L’Atelier Asie - BNP Paribas
Web : http://asie.atelier.fr
Wap : http://asie.atelier.mobi