Aux Etats-Unis comme en Europe, les nouveaux stades se veulent connectés pour faciliter l’expérience des spectateurs mais aussi collecter de précieuses données sur leurs comportements.

Le stade connecté : une mini smart city qui transforme l’expérience spectateur
Dans le cadre du SIDO à Lyon, nous avons pu échanger avec David Banget, Chief Digital Officer de l’Olympique Lyonnais à propos du Parc Olympique Lyonnais et de son stade connecté. Fort de ses 45 hectares et de nombreux services greffés autour comme un musée du sport, un centre d’entraînement, un parc d’affaires et divers hôtels et restaurants, celui-ci insère le digital entièrement dans l’expérience de cet espace.
 
                               David Banget
 

Pouvez-vous nous présenter le projet Parc Olympique Lyonnais et le concept de “Smart Stadium”? Quels étaient vos objectifs ?

Avec ce stade connecté plus spécifiquement, nous avons trois objectifs. Tout d’abord, augmenter les revenus liés aux événements sportifs aussi bien avec la billetterie qu’avec le marketing. Ensuite, nous voulons devenir leader en France de la fan experience avec des solutions innovantes, une optimisation de l’expérience client, la mise à disposition de 105 loges et 6 salons pour accueillir des séminaires et ainsi passer du B2C au B2B. 
 
Nous nous appuyons véritablement sur le digital pour enrichir cette expérience, il y a par exemple un salon technologie avec Orange et Microsoft ou encore une Social Room pour assurer le rayonnement sur les réseaux sociaux. Enfin, notre dernier objectif est de devenir un lieu de vie toute l’année, et ce même hors match. Nous avons déjà reçu plusieurs grands artistes et nous allons aussi accueillir des matchs de hockey ou de rugby pour nous diversifier. 
 

Comment avez-vous mené la digitalisation du stade ?

Pour digitaliser les expériences, il faut tout d’abord des infrastructure. Dans ce sens, nous avons par exemple installé deux écrans géants de restitution et nous fournissons un accès Wifi pour 25 000 personnes en même temps. Nous voulions une gamification de l’expérience, donc nous avons par exemple lancé un Social Wall où nous diffusons tous nos messages officiels mais aussi, après modération, ceux de certains spectateurs. 
 
De nombreux services passent par l’application mobile ParcOL. Elle permet notamment la dématérialisation des billets ou encore le paiement sans cash. Ce concept d’un stade sans cash (les paiement s’effectuent soit par une carte dédiée “MyOL”, soit par carte bancaire) a été pensé pour des questions de sécurité, mais aussi pour avoir plus de fluidité et réduire les temps de traitement en caisse. La gamification se retrouve également ici puisque spectateurs qui utilisent la carte se voient aussi récompensés pour leur fidélité par un système de points spécial. 
 

Une personne qui n’aurait pas de mobile ou alors pas l’application pourrait-elle quand même profiter de l’expérience de ce nouveau stade ?

Nous ne voulons imposer l’application à personne. Un spectateur peut tout à fait venir au stade avec un billet imprimé et profiter de l’expérience du match sans son téléphone. Par contre, les écrans bénéficieront à tout le monde, avec ou sans mobile. Cela permet à quelqu’un qui fait la queue à une buvette de ne pas manquer le match. Après, l'application permet par exemple de commander directement depuis sa place des rafraîchissements et des encas et il faut un mobile pour bénéficier de cela. 
 
Elle a été lancée le 9 janvier et nous avons déjà plus de 50 000 téléchargements. Pour le moment, celle-ci est dédiée au stade mais nous souhaitons par la suite proposer une utilisation en dehors de celui-ci avec des contenus enrichis en fonction de l’endroit où l’on se trouve. L’application sera aussi proposée à la location à nos partenaires dans le cadre des matchs de rubgy ou des concerts par exemple, afin qu’ils puissent proposer tous ces services lors de leurs événements. 
 

Comment comptez-vous protéger les données des utilisateurs que vous allez collecter ?

Nous collectionnons déjà des données dans le stade de Gerland pour tout ce qui était billetterie ou merchandising. Ce que nous allons capter en plus, c’est le comportement de l’utilisateur au sein de l’application et ses flux de déplacements dans le stade pour pouvoir améliorer notre marketing et notre signalétique. Tout cela correspond aux données intra-stade, mais nous allons également collaborer avec des opérateurs pour récupérer des données en dehors du stade. Celles-ci seront anonymisées et permettront de connaître le trajet de nos spectateurs en venant aux matchs, mais aussi les lieux dans lesquels ils résident ou leur origine et leur classe socioprofessionnelle. Ce sera une manière de plus d’affiner notre marketing grâce au Big Data. 
 

Avez-vous voulu donner une dimension développement durable au stade avec une récupération de l’énergie ? 

La dimension développement durable est en effet importante même si elle ne rentre pas dans mon cadre. Je sais que des parkings enherbés ont été installés et qu’un système de récupération de l’eau a été prévu. Par contre, le stade n’est pas autosuffisant en énergie et ne dispose pas de panneaux solaires. 
 

Le Smart Stadium est un objet connecté au sein d’un espace plus global, le Parc Olympique Lyonnais, jusqu’où ira la digitalisation ?

La digitalisation se passe à différents niveaux sur les espaces physiques. Par exemple pour le musée du sport, nous sommes en train de réfléchir aux meilleurs moyens d’avoir une expérience immersive pour le visiteur qui le change des visites traditionnelles au musée. Cela devrait être prêt pour l’horizon 2018 comme l’ensemble de la fin du Parc Olympique Lyonnais. Le stade est, par contre, déjà prêt à recevoir l’Euro de football à l’été 2016. 
 
Rédigé par Constance Guyon
Journaliste / attachée de production