Deux startups sur trois ne sont pas en relation avec un grand groupe en raison des difficultés de communication. Pourtant 95% d’entre elles estiment souvent utiles une telle collaboration pour le développement de leur business.

Les startups réclament aux grands groupes plus d’accessibilité

Comment rendre la collaboration entre grands groupes et startups plus naturelle et plus fluide? C’est l’objet d’une étude réalisée par Fabernovel pour perfectionner "Neuilly Nouveaux Médias", une initiative prise à Neuilly depuis 2010. Celle-ci rassemble une vingtaine de grandes entreprises situées en région parisienne qui rendent une partie de leurs locaux disponibles pour héberger gratuitement des entrepreneurs aux projets prometteurs, pour une durée maximale de 23 mois. Avec ce modèle appelé "pépinière distribuée", Neuilly Nouveaux Médias revendique un format unique en France. Comme dans un incubateur, les candidats sont confrontés à des jurys et seuls les meilleurs projets sont sélectionnés par les grandes entreprises partenaires.

Les startups ont besoin des grandes entreprises

Pour les startups, le soutien d'un grand groupe sert avant tout de caution et offre des opportunités en matière de visibilité plus que de business, observe-t-on dans l’étude. Côté grands groupes, leur motivation est la suivante: "Actuellement, les partenaires de Neuilly Nouveaux Médias veulent essentiellement contribuer au développement de startup innovantes françaises, ils conçoivent leur implication comme la concrétisation d'un rôle de mécène." explique Albert Asséraf, président de la pépinère et par ailleurs Directeur Général Stratégie, Etudes et Marketing France chez JCDecaux. "Le dispositif leur offre une sorte de veille sur ce qui se fait dans l'entrepreneuriat français", ajoute-t-il.  Si les avantages de ces relations de part et d'autre ne sont donc pas remis en cause, l’étude pointe surtout certains dysfonctionnements dans la coopération.

Un chef d’orchestre pour améliorer les relations

Malgré la volonté presque systématique des grands groupes d'encourager les initiatives innovantes (via la création d'incubateurs, de hackathons, etc.), les startups ont souvent à déplorer la difficulté d'accès de ces entreprises. "Entre la volonté et l'opérationnel, il y a encore un gap. Il s'agit souvent d'une question de timing, très différent entre la startup et le grand groupe. Parmi les recommandations des startups pour améliorer les relations, la plus urgente à mettre en place serait "que quelqu'un soit désigné dans l'entreprise pour jouer un rôle de 'chef d'orchestre' et permette d'accélérer la relation avec la startup en mettant en lien les bonnes personnes...", une sorte d’accompagnement dans le quotidien opérationnel, explique Albert Asséraf, qui prévoit de creuser cette idée avec les partenaires de Neuilly Nouveaux Médias.

*Etude réalisée sur la base de 8 entretiens avec des fondateurs de startups, et sur les réponses fournies par une centaine d'entrepreneurs à un questionnaire de 30 questions.

 
Rédigé par Lucie Frontière
Journaliste