FASTRA est à peine plus grand qu'un PC traditionnel et s'appuie sur la puissance de calcul de cartes graphiques disponibles dans le commerce. Et pourtant, c'est un superordinateur.

Des chercheurs belges de l'université d'Anvers viennent de mettre au point un superordinateur à taille humaine baptisé FASTRA. D'après eux, celui-ci est à même d'atteindre les performances d'un cluster composé de plusieurs centaines d'ordinateurs conventionnels. Son utilisation s'avèrerait toutefois bien moins contraignante que cette méthode de calcul en parallèle. D'autant que les problèmes inhérents à cette technique sont nombreux : coûts élevés, maintenance, espace requis et disponibilité. Ces scientifiques se sont donc tournés vers des composants habituellement destinés au jeu. En l'occurrence, des cartes graphiques 3D, pour recréer une architecture informatique parallèle, fonctionnant cette fois ci au sein d'un seul et même système.
Quatre cartes graphiques pour un superordinateur
Les chercheurs font valoir qu'une unique carte graphique serait à même de générer une puissance de calcul près de quarante fois supérieure à celle d'un ordinateur conventionnel. Pour mémoire, un seul de ces composants contient cent vingt huit sous processeurs, fonctionnant en parallèle. En les programmant de manière appropriée, expliquent-ils, de très nombreux calculs peuvent être menés simultanément. FASTRA est équipé de quatre cartes intégrant chacune un duo de processeurs graphiques. En faisant fonctionner ces huit puces, les universitaires seraient parvenus à atteindre des performances inégalées pour une machine de ce format. "A notre connaissance, c'est le premier PC au monde doté de huit processeurs graphiques", souligne le docteur Joost Batenburg qui ajoute : "mieux encore, parce qu'il est fait de composants issus du commerce, il coûte moins de 4 000 euros, ce qui le rend abordable pour tout scientifique".
Efficacité énergétique
Outre l'argument du coût, FASTRA présente des caractéristiques prometteuses en matière de consommation énergétique. Ce dernier nécessiterait moins de 1 500 watts d'électricité en cours de fonctionnement. Ce superordinateur de bureau a été mis au point dans le cadre de recherches autour de la tomographie, une méthode notamment utilisée en imagerie médicale. Celle-ci permet de recréer le volume d'un objet - ou dans ce cas, d'un organe humain - à partir de mesures effectuées depuis l'extérieur de cet objet. Le système FASTRA aurait ainsi permis de traiter des résultats d'analyses d'os humain en quelques heures. Des applications industrielles sont également évoquées : cet ordinateur peut faciliter la découpe de diamants bruts en permettant de reconstruire la forme de ces pierres précieuses.