L’usage de la technologie au service de l'éducation dans les pays en voie de développement n’obtiendrait pas encore les résultats escomptés. La faute à l'adapdation à l'environnement scolaire plutôt qu'aux moyens alloués.

Technologie et éducation : l'Inde a encore des efforts à abattre pour une meilleure adoption

L'intégration de la technologie dans les salles de classe est en train de réinventer complètement le système éducatif des enfants dans les pays en voie de développement, notamment en Inde où il y a 1,3 millions d’écoles. Toutefois, ces interventions ne réussissent pas encore assez souvent à exploiter pleinement leur potentiel ou à hisser le niveau d’enseignement. C’est ce que révèlent des chercheurs indiens du secteur de l'entrepreneuriat social dans un rapport, intitulé Education Technology in India – Designing Ed-Tech for Affordable Private Schools. Ce rapport cherche en effet à comprendre les barrières, majoritairement techniques, à l'adoption de ce type de technologies et offrent des conseils pour y remédier.

Doter les écoles des moyens technologiques ne suffit pas

Car en effet, environs un tiers des ordinateurs dans ces écoles privées à coût faible en Inde sont inopérants, essentiellement à cause des problèmes de logiciels malveillants et de virus. De plus, les responsables des écoles ne sont pas conscients du vrai potentiel qu’apportent les outils technologiques. Ils ont d’ailleurs tendance à considérer les ordinateurs comme un outil de marketing et de ce fait, empêchent les élèves de les utiliser régulièrement par soucis de les abîmer. A cela s’ajoute également les coupures d’électricité dans les salles informatique. Mais l’Inde est loin d’être un cas isolé. Le fait d’avoir accès aux ordinateurs ne permet pas aux élèves péruviennes d’avoir de meilleures notes aux examens, ni de les encourager à passer plus de temps sur leur devoir. C’est ce qui a été dévoilé dans une évaluation coordonnée par Inter-American Development Bank sur l’impact du projet One Laptop per Child, qui promet de fournir des ordinateurs à bas prix aux élèves des pays en voie de développement.

Concevoir des produits éducatifs adaptés aux besoins locaux

Le rapport insiste donc sur le fait que les concepteurs des produits high-tech destinés à l’éducation doivent d’abord comprendre l’environnement scolaire et les besoins spécifiques de tous les acteurs. Pour cela il rappelle que les tablettes et les téléphones mobiles disponibles à des prix abordables seront de plus en plus utilisés dans ces écoles, car ils dépendent peu de l’infrastructure générale et permettent des expériences uniques et individuelles. Par ailleurs, il est très important de concevoir des contenus visuellement attirants et intégrer des éléments de jeux ou de la musique pour les enfants, tout en étant étroitement liés aux programmes scolaires locaux. Un autre créneau qui répond aux soucis des parents sont les produits éducatifs high-tech qui préparent les élèves à leurs carrières professionnelles en leur apprenant des compétences en informatique ou en anglais. Enfin, il faudrait inventer les solutions qui encouragent les filles indiennes à avoir davantage d’accès aux ordinateurs afin de réduire l’énorme fossé entre les garçons et les filles en matière de connaissances technologiques en Inde.

Rédigé par Ruolin Yang
Journaliste