Un programme de la commission européenne a développé un système de personnalisation des technologies d’assistance pour répondre à différents types d’invalidités.

Les technologies d’assistance évolutives deviennent aussi personnalisables

Avec plus de 1,3 millions d’individus souffrant de mobilité et nécessitant une technologie d’assistance (TA) ou l’aide de personnel soignant en Europe, il apparaît crucial de développer les meilleures conditions de vies possibles pour ces personnes. Bien qu’une certaine proportion de ces handicaps lourds bénéficie déjà de technologies d’assistance, il semblerait que ces systèmes ne soient conçus que pour réaliser une fonction spécifique ne résolvant qu’une et une seule forme d’invalidité. Pour traiter la problématique, un consortium d'institutions de recherche, d'universités et d'entreprises privées de sept pays ont développé un « kit de construction ». Baptisé ASTERICS, le kit permet en effet d’être configuré pour satisfaire aux besoins spécifiques d’utilisateurs individuels en choisissant parmi une variété de capteurs, de simples interrupteurs ou de webcams jusqu'aux interfaces cerveau-machine !

Un kit de montage abordable, évolutif

Pour ce qui concerne le fonctionnement du kit, les différents capteurs envoient les données entrantes via USB ou technologie sans fil qui sont ensuite transmises une plate-forme informatique disponible en open-source. Celle-ci analyse les données et devient alors en mesure de créer des modèles personnalisés. L’intérêt principal de ce système est qu’il est évolutif en temps réel grâce à la transmission de données. Pour un investissement allant de 500 à quelques milliers d’euros selon les équipements, le système agit donc en fonction des exigences et des capacités de chaque personne. « «Cette approche permet un développement sur place centrée sur l'utilisateur. Il n'a plus besoin d'adapter le dispositif, mais c'est plutôt le contraire. », déclare Stefan Parker, coordinateur du projet et chercheur au KI-I en Autriche.

Un système influencé par la déferlante des Smartphones et des tablettes.

Le logiciel autorisant les données entrantes peut tout à fait être installé sur un système d’exploitation Windows pour utiliser des modèles, traiter ou exécuter des commandes. De plus, une suite de configuration permet d’associer des modules d’extension. Ainsi on peut très bien ajouter souris, clavier, manette à l’aide d’une interface USB pour commander des actions.  “Le « vieux » marché des TA est dominé par des applications et dispositifs isolés. (…)Le souci est que dans la plupart des cas, ces appareils ne parviennent qu'à exploiter une partie des capacités des utilisateurs ou, dans d'autres cas, ne sont pas adéquatement adaptés aux besoins de l'utilisateur.», continue Stefan Parker. C’est aussi pour cette raison qu’à terme, l’objectif de l’équipe est d’étendre le système aux appareils mobiles comme les smartphones ou les tablettes. En effet, « les smartphones et les tablettes conquièrent le monde et cela influence fortement le marché des TA » déclare Stefan Parker.

Rédigé par Pierre-Marie Mateo
Journaliste