Selon une analyste américaine, Amy Wohl, 1997 a marqué un tournant dans l'évolution du marché des technologies vocales vers le grand public. Dragon Software a en effet sorti cette année là le prem...

Selon une analyste américaine, Amy Wohl, 1997 a marqué un tournant dans l'évolution du marché des technologies vocales vers le grand public. Dragon Software a en effet sorti cette année là le premier logiciel de dictée vocale en continu, suivi rapidement par IBM, puis Philips et des dizaines de start-up. Les applications de la parole ne sont plus réservées à des produits de haut de gamme pour les entreprises. Selon Amy Wohl, les interfaces vocales deviendront dans les années 2001-2002 un standard. Avec son logiciel Via Voice, IBM aurait dépassé le million d'unités vendues dans le monde. La prochaine étape se situera au delà du PC traditionnel, sur tous les objets où le clavier n'a pas sa place. La reconnaissance vocale sera enfouie dans toutes sortes d'appareils. Pour l'arrivée prochaine de son Pentium III, Intel met l'accent sur ses nouvelles fonctions liées au traitement de la voix et sur la diffusion accélérée des technologies qui en découlera. Aujourd'hui, le taux d'utilisation réelle de la reconnaissance vocale sur les ordinateurs Aptiva d'IBM, vendus tout équipés, reste faible. Selon Dough Henrich, chez Microsoft, il faudra encore attendre 12 à 18 mois pour arriver à un niveau de fiabilité suffisante.

Gilles Vessières, l'un des fondateurs de Holistique, une société spécialisée dans les systèmes de reconnaissance vocale en entreprise affirme que la téléphonie a été et sera encore le moteur du développement des technologies de reconnaissance vocale. Selon lui, le moment est venu d'élargir ses activités vers des produits davantage "packagés" et standardisés. Avec le développement d'Internet, la multiplication des systèmes portables sont pour lui une opportunité qui va généraliser la navigation vocale "la parole est ce qui a créé la civilisation. On y revient grâce à la société numérique ... C'est un saut quantique qui va générer des nouveaux modèles de marchés et des nouveaux comportements". "Je pense qu'il faut faire sortir la reconnaissance vocale des laboratoires. Mais le principal défi pour les industriels français sera de mettre en place une stratégie marketing mondiale et de dépasser le stade de l'idée".

Selon TMA, une société de conseil de Californie, le marché de la reconnaissance vocale passera de 417 millions de dollars en 1998 à 8 milliards de dollars en 2001.

La reconnaissance vocale née dans les laboratoires de recherche des grands opérateurs téléphoniques s'apprête à passer dans le domaine du grand public. La navigation vocale peut devenir l'interface de demain. La reconnaissance de la voix s'applique non seulement à l'ordinateur personnel, mais aussi à l'autoradio. Vice-présidente du département ventes et marketing des produits de reconnaissance vocale chez IBM, Anne-Marie Derouault affirme "la voix, c'est le clavier et la souris à la fois". (Dossier de trois pages - La Tribune - 18/02/1999)